Sandrine Auric est une céramiste et peintre marseillaise. Son univers nous a particulièrement touché car il est directement inspiré de la Méditerranée, de la lumière et de la nature.

Une belle personne avec qui nous avons pu échanger et pour qui nous avons pu travailler en tant que directeurs artistiques.

Voyez par vous même et laissez vous inspirer.

Ichtus Magazine

Bonjour Sandrine, présente toi en quelques lignes

Sandrine

Je suis une artiste, designer et une amoureuse de l’esprit de la Méditerranée.

Issue de l’univers de la publicité en tant qu’illustratrice et directrice artistique freelance, j’ai toujours été très proche de la création en général. Ce qui m’a amené à développer aujourd’hui mes propres collections d’objets décoratifs qui me plaisent vraiment et qui me procure un réel bien être de l’esprit lorsque je les contemple.

J’aime qu’un objet ou une image me raconte une histoire, du coup lorsque je pense un vase ou un design, je puise mon inspiration dans les paysages méditerranéens que je connais. Dans ces territoires du sud baignés de soleil et colorés par des terres ocrées qui font partie de ma propre histoire. Dans mon travail de création, je cherche à réinterpréter des éléments issus de la culture des peuples qui bordent le bassin méditerranéen et dans leurs arts d’y vivre. Parce que cela parle à beaucoup d’entre nous, peut évoquer un souvenir familial, une saison, ou encore nous relie à un lieu.

Ichtus Magazine

Comment est venue ta passion pour la céramique ? et la peinture ?

Sandrine

Pour la peinture, je dirais depuis toujours. J’ai eu une grand-mère qui a fait l’école des Beaux-Arts à Marseille dans la même classe que le sculpteur César et avec ma mère, aussi « artiste » dans l’âme, j’ai été initiée aux différentes techniques de dessin et de peinture depuis toute petite. Après des études de design et de graphisme, et par la suite dans mon travail de directrice artistique et d’illustratrice, j’ai régulièrement était amené à réaliser des peintures mais aussi à travailler d’autres matières, comme la résine par exemple, pour créer des visuels publicitaires.

Pour la céramique, c’est plus récent. Il y a 3-4 ans, lors de la création de son identité visuelle, un client m’a demandé des objets décoratifs pour les prises de vues de ses produits. Et ne trouvant pas vraiment ce qu’il voulait, j’ai décidé de les réaliser moi-même. A cette époque-là, j’avais commencé une initiation au modelage du grès en loisirs avec des amies. Puis, petit à petit, pièce après pièce et commande après commande, j’ai développé mon activité en tant que designer pour proposer un catalogue de pièces uniques.

Ichtus Magazine

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Sandrine

Le sud m’inspire !

Parce qu’il y a des lieux où la lumière est particulière et où les gens sont tellement différents et chaleureux qu’on y revient toujours. Source d’inspiration inépuisable, je loue un culte à la méditerranée : toujours franche, parfois exubérante, unie et à la fois divisée, aux terroirs et savoir-faire multiples. Mais aussi et surtout dans la culture des peuples qui y vivent depuis les temps immémoriaux et dans leur savoir-faire. A travers ce bassin méditerranéen, je vois l’épicentre de l’artisanat et la créativité nourrie par la terre. Pour mes couleurs, j’utilise une palette liée à ce territoire comme l’ocre de la terre et du soleil, le turquoise et l’émeraude de la mer et le noir de l’ombre sous laquelle on s’abrite l’été ! Je cherche des formes dans les pays qui la composent, dans leurs histoires successives et dans leurs cultures si riches.
Et enfin, parce que c’est chez moi.

J’ai appris dans la pratique de la céramique comme pour toutes mes autres créations à retrouver une connexion directe avec la matière première, comme un lien avec cette terre du sud, ou encore avec les pigments présents dans la peinture et à travers lequel je puise toute l’essence de mes créations. Je travaille ainsi une pièce ou un motif comme insufflé par une antique déesse de la création, qui guiderais mes pas. Aussi inspirée par des grands artistes comme Cocteau, Picasso ou encore Pouchain et bien d’autres, j’aspire dans mon travail à rechercher la représentation parlante d’une forme simplifiée, d’un trait minimaliste mais qui dit tout.

Ichtus Magazine

2020 a été une année particulière, nous savons que les conditions pour les créateurs ne sont pas faciles, comment de ton côté tu as vécu cette année ?

Sandrine

Au point de vue de mon activité professionnelle, lors du premier confinement, je me suis très vite adaptée car j’ai toujours eu l’habitude de travailler à la maison, même pour la céramique. J’avais rapatrié mes outils et mes pains de terre chez moi pour pouvoir continuer à produire mes objets sur un coin de table aménagé dans le salon. Ensuite, une fois par semaine, je me suis rendue à l’atelier que je partage avec deux autres céramistes pour les faire cuire. Malgré le stress de l’épidémie de Covid et le fait de limiter les échanges avec la famille et les amis (ce qui est le plus dur à accepter pour moi), j’ai gardé un certain rythme de travail, donc ça allait. Toutes les expositions ont été annulées mais j’ai pris mon mal en patience, comme tout le monde, il fallait respecter ce confinement nécessaire pour stopper la propagation du virus.

Puis ensuite la deuxième vague, un deuxième confinement et celui-ci, je l’ai vraiment vécu comme un frein. Les commandes des revendeurs en stand-by ou annulées, évènements et marchés également annulés… Comme beaucoup de créateurs, artistes et artisans, lorsqu’on travaille pendant trois mois pour une date d’évènement ou une commande et que tous cela est reporté, il est difficile de garder le moral.
Mais durant cette année particulière, j’ai aussi eu la chance d’être contacté par Nicolas Mathéus, un photographe de talent qui parcours la planète pour le compte des magazines de décoration et qui a réalisé un reportage sur mon travail. Suite à cela, j’ai rencontré une journaliste et une directrice de rédaction qui ont également eues un regard bienveillant sur mes créations. Toutes ces rencontres m’ont permises d’avoir plusieurs publications dans Arts et Décoration ou encore dans Elle Décoration. Et ça c’est que du positif !

Ichtus Magazine

Mis à part, ton activité actuelle, est-ce que tu as d’autres rêves ou des projets pour l’avenir ?

Sandrine

Pour l’instant mon grand projet et de trouver un espace à moi afin de créer un atelier-galerie. Je souhaite pouvoir y aller tous les jours et y recevoir mes clients, ce qui n’est actuellement pas faisable dans un espace partagé. Aujourd’hui, il me manque le contact direct avec les personnes (particuliers ou professionnels) qui sont intéressées par mon travail. J’aime le fait de pouvoir présenter de visu d’une pièce en particulier et d’expliquer un détail ou l’histoire de sa création. Ce que je ne peux pas vraiment faire sur un catalogue et même si j’essaye d’avoir des échanges de ce type sur Instagram par exemple. J’ai aussi envie de pouvoir faire des expositions communes avec les artistes de la région que j’aime et qui nourrissent mon univers par leur propre vision du Sud. Je pense que cela sera encore plus inspirant pour moi et j’ai vraiment hâte de réaliser ce projet !

Ichtus Magazine

Un conseil à donner aux lecteurs qui voudraient voir leurs rêves se réaliser ?

Sandrine

A part celui de dire de tenter le coup, il est difficile de donner un conseil en particulier. Je pense qu’en premier lieu, il faut croire en soi (ce qui est le plus compliqué pour moi, j’avoue ;). Pour ma part, j’ai la chance d’être soutenue par ma fille, mes parents et mes amis, ce qui est très précieux. Je pense que pour chaque rêve ou projet, le plus dur est de se lancer concrètement et de voir au quotidien comment cela évolue. Il arrive parfois que l’on n’ait pas imaginer un chemin avant d’être confronté à une situation précise ou un problème et de devoir chercher une issue pour avancer. Je crois que la plupart du temps on a peur de ne pas réussir mais comment le savoir si on n’essaye pas ? Lorsque qu’il m’arrive une tuile dans mon travail, de temps en temps je partage mon échec sur les réseaux sociaux pour montrer l’autre côté du décor, la vraie vie. Et je suis à chaque fois surprise par la bienveillance et le soutien des personnes qui me suivent, elles me remotivent à chaque fois. Et puis en fin de compte, le plaisir de faire ce que l’on a vraiment envie, ou du moins essayer, ça n’a pas de prix pour moi.

Ichtus Magazine

Les 5 adresses marseillaises dont tu ne peux pas te passer ?

Sandrine

Le restaurant « Au bord de l’Eau » au petit port de à la Madrague-Montredon.
Bien que cette table soit bien connue des Marseillais, j’adore le côté intimiste et familiale du lieu. Et le Loup y est délicieux. Après le repas, je ne manque pas de faire une petite balade le long des rochers. Enfin j’adore aussi son adresse : rue des Arapèdes !

La corniche Kennedy.
Quand je vais travailler, livrer ou faire des courses, je passe par là et je me dis que j’ai tellement de la chance de pouvoir apprécier ce paysage tous les jours.

Le Musée d’archéologie méditerranéenne à la Vieille Charité & le Musée d’histoire de Marseille.

La vieille charité pour son architecture juste magnifique et sa collection d’antiquités égyptiennes.

Le Musée du Centre bourse tellement beau aujourd’hui depuis sa rénovation de 2013 et dont les nombreuses collections sont à mon goût bien présentées et expliquées. Et il y a pleins d’amphores et de céramiques, évidement !

La Maison Marseillaise, rue Francis Davso. Une boutique que j’aime depuis longtemps et où je trouve toujours de quoi craquer

Honoré Déco, rue sainte. Totalement fan de cette marque au style très méditerranéen et aux créations inspirantes. Un modèle pour moi.

Découvrez nos autres partenaires

Nicolas Lopez

Nicolas

Un méditerranéen passionné de mode, d'art, de culture et de spiritualité

Articles recommandés

Laisser un commentaire