INTERVIEW : Mirsa, photographe méditerranéen

Samir aka Mirsa, est un talent que nous avons trouvé sur Instagram. Ce réseau est l’un de nos favoris pour nous inspirer et trouver de nouvelles personnes lumineuses à mettre en avant dans le magazine. Nous marchons au coup de coeur et Samir de ne déroge pas à la règle.

Son énergie méditerranéenne correspond parfaitement à notre ligne éditoriale et son univers photographique nous fait voyager. Nous lui avons posé quelques questions sur ses différentes inspirations, ses 3 comptes instagram tous très captivants, ainsi que ses adresses marseillaises préférées.

Nous aimons savoir comment une personne regarde le monde qui l’entoure et comment elle peut se servir de son environnement pour créer, se renouveler et partager. Samir le fait brillamment et nous sommes sûrs que ses quelques lignes ainsi que son travail vous permettront de rêver, d’avoir un regard toujours affûté et créatif sur la vision que vous avez du monde et de la vie dans sa globalité.

Laissez-vous inspirer.

Ichtus magazine

Hello Samir, qui es-tu ? Que fais-tu ?

Mirsa

Je suis Samir, marseillais d’adoption depuis quelques années. En tant que consultant, je suis indépendant dans le domaine de la Communication et du Management : je travaille dans l’industrie de la musique principalement. En parallèle, je prends le temps pour développer de nombreux projets personnels.

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Comment est venue ta passion pour la photographie ?

Mirsa

D’après mes souvenirs, elle est née à l’école primaire. Nous avions chaque trimestre une activité extrascolaire et un atelier photographie avait été proposé. J’avais adoré !

Puis, toujours à la même période, j’avais passé quelques jours de vacances chez un oncle en Bourgogne qui était instituteur et passionné de photographie. Il avait une chambre noire dans son garage : j’y ai fait mes premiers développements photos en noir et blanc. J’avais trouvé ça tellement fascinant ! C’est bien plus tard que je me suis concrètement mis à photographier. Je voyage énormément et j’aime capturer des moments inédits, des singularités architecturales, des scènes de vie.

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Quel projet t’a rendu le plus fier ?

Mirsa

Bonne question… S’agissant de la photo, j’évoquerais ma première exposition à Arles intitulée « LES CATALANES ». J’avais réalisé une série de photos des femmes « pur jus » que l’on retrouve quotidiennement (et depuis toujours !) sur la plage des Catalans, à Marseille. Elles ont un rythme à elles, bien réglées, mais aussi des petites habitudes, des rituels et une émouvante nostalgie du passé. J’ai beaucoup aimé capter leurs bains de soleil, leurs vies illuminées. Au cours de l’exposition, j’ai également été très fier de pouvoir vendre mes premiers tirages !

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5 personnes que tu trouves inspirantes ?

Mirsa

Ma mère, pour son éternel courage.

Michael Jackson m’a beaucoup inspiré, au-delà de son identité de super star et de tout ce que ceci englobait. Je l’ai découvert dès l’âge de 5 ans. Je me passais en boucle les vidéos de ses performances, notamment le court métrage de Thriller que je regardais facilement 6 fois par jour. Il m’a aidé à ouvrir mon regard et mon esprit s’est éveillé à l’univers artistique dans sa globalité : la danse, la musique, la vidéo, l’esthétisme, la performance… J’ai passé toute mon enfance, toute mon adolescence (et j’y suis encore aujourd’hui) à explorer ces domaines précis. J’en ai été acteur et aujourd’hui, j’ai toujours les deux pieds bien dedans ! J’en
déduis donc que « tout part de là, tout part de lui ».

J’admire aussi les travaux du photographe Denis DAILLEUX. J’aime son regard, sa discrétion, son positionnement et le traitement de ses photos. Il capte des moments vraiment saisissants.


Le réalisateur Wes Anderson, pour l’esthétisme de ses films. Les plans, les cadres, la direction artistique, la sensibilité des scénarios, les castings uniques…. Tout est absolument parfait.

Et enfin, l’architecte John Lautner pour sa vision particulière de l’architecture. J’ai eu la chance de passer plusieurs jours dans l’une de ses maisons à Los Angeles (la Goldstein House) : j’ai pu analyser en détail tout son travail, tout son génie. Depuis cette expérience, j’ai développé une conscience et une rigueur naturelle dans ma façon d’observer.

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5 lieux marseillais dont tu ne peux pas te passer ?

Mirsa

DEEP coffee. Je n’étais pas du tout amateur de café mais Deep coffee a tout bouleversé ! Depuis qu’ils ont ouvert leur enseigne à Marseille, c’est devenu un repaire où j’aime passer du temps et déguster un bon café de qualité. Tony, le boss des lieux, est d’ailleurs devenu un très bon ami et m’a quelque peu initié à l’art du café. Je suis d’ailleurs l’auteur des photos de leur compte Instagram ! Et si vous y allez, vous pourrez également retrouver quelques-uns de mes clichés sur les murs du café. 😉

La MERCERIE, à Noailles. S’il y a bien un restaurant où j’aime dîner, c’est là-bas.
L’équipe est super et passionnée ! Dans l’assiette, c’est juste fou ! Des mets toujours surprenants, audacieux, variés… Très franchement, il est difficile (voire impossible !) d’y passer un mauvais moment. Il y a une atmosphère et une ambiance en soirée dont j’aime particulièrement m’imprégner.

La route des Goudes : Je ne me lasserais jamais de cette route sinueuse et de sa destination fabuleuse !


YIMA : c’est le restaurant de mon amie Ella. Cette fois-ci, c’est une halte recommandée pour le déjeuner (elle n’ouvre pas le soir encore). Sa cuisine me parle tellement. Je retrouve des saveurs qui ne me laissent pas indifférent. Une vraie cantine, qui me réjouit et me contente inlassablement. Je pourrais difficilement me passer de sa cuisine.

J’aime aussi me baigner à Sormiou quelques semaines avant l’affluence des touristes. Puis, tracer à vive allure jusqu’à l’Estaque, pour engloutir un Chichi. Je suis très gourmand, je crois que vous l’aurez compris. 😀

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Quelle est ton rapport à la Méditerranée ? En quoi est-elle une inspiration pour toi ?

Mirsa

J’ai un rapport assez fort avec la Méditerranée. Déjà parce que je suis d’origine tunisienne et donc méditerranéenne : inconsciemment, je me sens épanoui de vivre à proximité et notamment à Marseille, LA ville méditerranéenne par excellence en France. J’aime sa mixité, son métissage, son histoire authentique et son empreinte portuaire. La Méditerranée est une invitation au voyage, à la découverte et aux rassemblements. Une terre d’accueil depuis la nuit des temps. Forcément, elle m’incite grandement à voyager, à approcher d’autres cultures, à parcourir d’autres contrées.

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Ta série de photos de Tunisie nous inspire particulièrement. Un mot là-dessus ?

Mirsa

C’est une série qui me tenait évidemment à cœur et que j’ai réalisée avec des membres de ma famille tunisienne. Ils sont toujours très curieux et volontaires pour participer. J’ai toujours voulu effectuer ce type de clichés dans mon village familial.

Disons que c’est une amorce à une série de photos que je compte faire, en 2021, autour de différents thèmes qui me sont chers. J’ai beaucoup d’admiration pour le monde arabe : son esthétique, son essence et sa civilisation m’émeuvent et m’interpellent. Ses codes sont complexes à décrypter mais une fois que l’on commence à les comprendre et à les maîtriser, c’est un honneur d’y entreprendre des projets photographiques.

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Tu as 3 différents comptes Instagram ? Explique-nous de quoi il s’agit ?

Mirsa

En effet. Il s’agit des comptes Instagram associés à mes projets personnels et que j’ai voulu distinguer. 
J’ai mon compte principal qui est @mirsa : je partage un peu de tout sur ce compte. Mes voyages, mon travail, des moments suspendus, mon quotidien… Puis c’est aussi la passerelle des 2 autres comptes qui sont :

My Little Sri Lanka (@mylittlesrilanka) : c’est un projet que j’ai entrepris il y a maintenant 5 ans. Après un voyage effectué au Sri Lanka, j’ai monté une agence de circuits touristiques sur-mesure qui couvrent l’île ainsi qu’une conciergerie et un service de chauffeurs privés. C’est un pays pour lequel j’ai eu un véritable coup de
coeur. Y entreprendre des projets était une évidence. Aujourd’hui, je suis très fier d’avoir pu lancer cette agence.

FEL FEL Tunisia (@felfeltunisia) : il s’agit là également d’un compte personnel. À la toute base, je l’avais créé dans le but de partager exclusivement des photos que je faisais en Tunisie. Puis, fin novembre, en me rendant sur place, ce compte a pris une tout autre tournure. Je me suis lancé dans l’idée de documenter de façon très
spontanée – à l’aide de vidéos et de photos – mon expérience : une façon de partager mes déplacements, mes activités (cueillette des oliviers, vie quotidienne, réflexions sur l’écologie, rencontres, construction d’une maison traditionnelle, etc.) mais toujours sans trop savoir ce que ça allait donner. N’étant pas très à l’aise avec cet exercice, je me suis tout de même lancé et prêté au jeu. L’accueil reçu m’a beaucoup encouragé. Les interactions avec les gens qui suivent le compte y sont nombreuses et réjouissantes : cet aspect humain me motive à continuer. J’ai d’ailleurs plein d’idées pour la suite ! 

Je me rends très souvent en Tunisie, c’est une des destinations où je me sens le mieux, où je me sens moi-même. J’ai cette envie grandissante d’y entreprendre multiples projets : je planche dessus depuis un petit moment maintenant. C’est pour moi assez logique et même naturel. D’autant plus que je crois grandement en ce pays et à son magnifique potentiel. Si, à ce jour, c’est encore instable sur de nombreux points, il y a une énergie bouillonnante bien palpable et totalement prometteuse. Je pense que la Tunisie est dans une phase transitoire. J’aimerais être acteur de cette transition plutôt que simple spectateur. Apporter ma pierre à ce nouvel édifice serait un vrai bonheur et une fierté.

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Quels sont tes projets pour 2021 ?

Mirsa

Alors comme vous l’avez compris, je suis sur de nombreux fronts !
Professionnellement, l’année 2020 ne m’a fait aucun cadeau ! Tous mes secteurs d’activités ont été, et sont encore, touchés de plein fouet par la crise sanitaire depuis le mois de mars dernier. Une vraie galère qui nous force à remettre beaucoup de choses en question. Néanmoins, je ne me laisse pas abattre et reste optimiste quant à l’avenir. Tout ce temps à attendre que mon activité reparte de plus belle génère certes beaucoup de stress mais me permet aussi de réfléchir, d’être clairvoyant autant professionnellement que personnellement.

En 2021, les projets seront, je l’espère, nombreux. Comme je l’ai précédemment évoqué, la Tunisie à une place importante dans ma « to-do list » de l’année. Mon souhait le plus cher est de concentrer tous mes domaines de compétence pour imaginer des projets passionnés et pleins de cohérence. Même si pour le moment c’est encore un peu flou, l’ébauche se dessine malgré tout. Il y sera question de rencontres, de partages, de transmissions et d’expériences.

Avec la crise, mon agence au Sri Lanka a forcément été impactée mais je garde le cap et prépare quand même la reprise : « the sooner, the better ». En janvier 2020, je commençais à visiter des terrains, en plein cœur de l’île, pour un projet hôtelier.

L’objectif, d’ici fin 2021, est de reprendre là où j’en étais. J’ai également beaucoup de demandes pour l’achat de tirages photos. N’étant pas parfaitement organisé à ce sujet, je vais mettre en place un système ludique et fonctionnel pour en fournir plus facilement. Même si l’envoi d’un DM sur Instagram est très simple également. Je compte bien entendu continuer à photographier, à capturer, à cristalliser : des séries sont prévues avec potentiellement une exposition.

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Quels conseils donnerais-tu à une personne qui a envie de vivre de sa passion ? En vis-tu toi-même ?

Mirsa

Oui, je vis de ma passion. Étant indépendant depuis maintenant plusieurs années, j’ai vraiment mis un point d’honneur à ce que ce statut ne soit pas contraignant : je peux travailler dans les domaines qui m’animent et entreprendre librement. Le statut d’indépendant n’étant pas des plus sécurisés, j’ai décidé que ma zone de « non confort » soit agréable, plaisante et enrichissante. Quel intérêt, sinon, de prendre des risques sans satisfaction ?

Si j’ai un conseil à donner, c’est celui de toujours y croire et de persévérer, même si l’entourage ou la conjoncture peuvent parfois décourager. En effet, vivre de sa passion fait peur en France. Ce n’est pas complètement inscrit dans la culture, même si les choses commencent à changer. Et d’ailleurs, si le projet ne fonctionne pas d’emblée, faut-il le regretter ? L’important c’est de l’avoir tenté ! C’est en faisant, en agissant, en se projetant que l’on apprend. Cette phrase peut sembler un peu bateau, mais reste tellement vraie. Foncez !

Nicolas Lopez

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