Raphaël Anzenberger, conférencier et écrivain

Ichtus Magazine est pour les rencontres surtout quand elles sont belles et Raphaël fait parti de ces personnes authentiques que nous avons l’honneur d’interviewer pour vous aujourd’hui. Nous avons pu lui poser quelques questions sur son parcours, ses inspirations et sa vision et nous devons dire que nous avons été inspirés.

Conférencier, écrivain, Raphaël a beaucoup bougé et a pu tiré profit de toutes les expériences qui se sont présentées à lui. Aujourd’hui il est basé à Nice, avec sa femme et ses 4 enfants. Son parcours méritait une attention particulière, mais ce n’est pas tant ce qu’il a fait qui vous étonnera, c’est surtout qui il est.

Il nous a tenu un discours réfléchi, sage et résolument spirituel.

« Je m’appelle Raphaël Anzenberger, je suis marié, mon épouse est américaine et nous avons 4 enfants (15, 16, 18 et 21 ans). Je suis directeur de publication chez Imagodei. Il s’agit d’offrir un regard différent, fondé sur la sagesse de la bible et les propos de Jésus. Imagodei c’est avoir un regard décalé sur la société en comprenant que la créature et la création ont un lien antagoniste et qu’il faut retravailler ce lien. Il y a également une fracture au niveau des religions. Une société idéale serait de comprendre qu’il y a différentes religions et que malgré leurs différences, elles peuvent cohabiter ensemble en vrai amitié et avec respect. C’est exactement sur ça que nous voulons axer notre vision, sur les différentes fractures sociologiques, psychologiques, écologiques et théologiques. « 

Raphaël a grandi en Alsace, à Strasbourg. Il a fait un premier parcours universitaire en économie et s’est marié en 1996. Avec son épouse, ils ont déménagé au Tchad et y ont vécu pendant deux et demi. Il y exerçait la fonction de Directeur d’un hôpital confessionnel. Il était en charge de former une nouvelle génération de cadres qui pourraient prendre la suite de la mission qui faisait tourner l’hôpital.

« On est ensuite parti aux USA pendant 5 ans où j’ai fait des études de théologie en même que mon travail pour un groupe français, Michelin. Nous sommes rentrés en France en 2005 où j’ai commencé un ministère pastoral pendant 15 ans en Touraine. L’idée était de créer des paroisses protestantes dans la région car il n’y en avait pas beaucoup. »

Ces dernières années, il s’est orienté dans la théologie interculturelle et a cumulé deux doctorats pour encadrer des thèses sur l’interculturalité en tant qu’enseignant chercheur. Le projet Imagodei fait un écho à cette activité car le but est de pouvoir montrer comment croiser intercultularité et spiritualité en particulier dans des espaces occidentaux. La spiritualité aujourd’hui est mal comprise et nous sentons bien que les questions sur les religions ont un réel enjeu.

Raphaël considère son activité non pas comme un choix mais comme quelque chose de l’ordre de l’invisible qui résulterait plutôt de l’appel, de la vocation.

« J’aime le terme de vocation qui a été beaucoup travaillé au 16e siècle par la réforme instaurée par Jean Calvin et Martin Luther. Vocation vient de « vocare » en latin qui veut dire l’appel. C’est comme si un jour tu entends une voix qui dit « tu es fait pour cela » ou « je t’appelle à faire cela ». Un peu comme quand Jésus appelait ses disciples « venez et je vous ferai de vous quelque chose, quelqu’un. » Je pense que je fais ce que je suis parce que je réponds à un vocare, à un appel. C’est comme ça que je le vis et que je le comprends.

Le travail que nous faisons c’est un appel à pouvoir l’exercer de manière à honorer les hommes et Dieu. C’est une vision de notre activité professionnelle qui transcende le simple fait de gagner de l’argent ou d’exercer un métier juste pour l’exercer. Nous contribuons quelque part à ce que Dieu veut pour l’accomplissement de l’humanité.

Aujourd’hui, ce que je fais est une réponse à cette exigence qui a été posée sur ma vie de dire « voilà le chemin que je te propose, marche dedans et fais moi confiance. »

Raphaël nous a fait part de sa définition de la réussite. Selon lui elle est assimilée à une aura et à la capacité que nous avons de construire pour nous-même une certaine forme de succès. C’est ainsi que ce terme est compris au travers de notre société contemporaine. « 

Jésus dira quelque chose d’assez paradoxal concernant le succès. La société a établi ses propres règles concernant la célébrité et le pouvoir en construisant un schéma inversé. Aujourd’hui le succès s’obtient en gravissant les échelons et en étant le premier afin d’être servi. Jésus lui dit, si tu veux être le premier soit le dernier.

« Pour moi la définition du succès c’est cette capacité de pouvoir mettre les autres en avant. Dans la mesure où je suis le dernier, cela veut dire que d’autres sont devant moi et c’est bien parce que je les aurais poussés à être les premiers. Un sociologue allemand a dit « Dis moi quelle est la taille des fruits qui poussent sur l’arbre de ceux dont tu as la responsabilité, et je te dirai si tu as du succès ». Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.

Parmi toutes ses activités Raphaël s’accorde aussi du temps pour lui et sa famille le vendredi soir. Une soirée pizzas et films, une tradition instaurée depuis années qu’il ne manquerait pour rien au monde.

Nous avons demandé à Raphaël comment il avait vécu son année 2020 suite à la pandémie et c’est quelque chose qu’il a bien vécu. Son expérience passée en Afrique à la fin des années 90 lui a permis de vivre dans un contexte de crise sanitaire. Il a donc tout naturellement appliqué ce qu’il avait appris au Tchad. Il a retrouvé d’ancien réflexes qu’il avait appliqué là-bas et propose plutôt de ne pas s’attendre à revenir à une ancienne vie mais plus s’adapter aux nouvelles conditions actuelles car c’est étant proactif et positif vis-à-vis de cette crise que nous réussirons à nous recréer et à avancer.

Le dernier conseil que Raphaël a donné est concernant les personnes qui veulent réaliser leurs rêves.

« Il faut savoir interroger vos motivations. Est-ce un rêve qui est au service de l’autre ? Ou est-ce un rêve qui a pour finalité notre propre épanouissement ? Dans le deuxième cas il s’agirait plutôt d’un cauchemar. On le voit avec Hollywood car quand notre rêve concerne seulement notre propre promotion, cela devient un cauchemar pour soi et pour les autres. Si nos rêves sont trop petits, invitons Dieu dedans. Beaucoup de personnes se disent que si elles croient en Dieu, la vie sera beaucoup plus difficile car il y a une notion de règles derrière l’image de Dieu, comme si il allait casser nos rêves, alors que pas du tout. Dieu est au milieu de nos rêves. Il va nous apporter cette capacité de les transformer pour qu’il y ait du goût, de la saveur et qu’il les transcende.

On a besoin de transcendance, on a besoin. de dépasser nos échos, on a besoin de réconciliation avec soi-même et cela passe souvent par la réconciliation avec les autres. On a besoin d’être réconcilié avec le monde et on a besoin d’être réconcilié avec Dieu. C’est ce qu’on appelle être recréé a son image, Imagodei.

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Nicolas Lopez

Nicolas

Un méditerranéen passionné de mode, d'art, de culture et de spiritualité

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