Rencontre avec les architectes de BK Club

Clotilde Berrou et Marc Kauffmann exercent en tant qu’architectes depuis une vingtaine d’années. Ils ont d’abord commencé par travailler pour d’autres dans la région entre Arles et Marseille, avant de fonder le « bk club » il y a 5 ans. Ils ont fait leurs études ensemble et on toujours travaillait ensemble. A la fois différents et complémentaires, c’est ensemble qu’ils montent leur agence.

Le célèbre architecte Rudy Ricciotti disait que « l’architecture est un sport de combat. » En effet, être architecte n’est pas un métier qui s’exerce seul. Il faut faire équipe pour arriver ensemble au résultat final. C’est ainsi dans cette philosophie que le BK Club voit le jour.

Certainement ce qui fait leur particularité est le fait qu’ils veulent travailler avec des matériaux plus simples à trouver. Dont l’utilisation n’implique pas énormément de déchets ou des productions d’énergie.

Nous avons eu la chance de les rencontrer lors d’une interview enrichissante. Tout d’abord ils nous racontent leurs manières de travailler, leurs inspirations, mais aussi les projets dont ils sont le plus fiers.

Un projet d’architecture est un processus long, qui se déroule sur plusieurs années. Des travaux que Clotilde et Marc ont amorcés il y a 4 ans sont seulement en train d’arriver en chantier. C’est dans cette durée que leur complémentarité et leur différence s’expriment. Par exemple, sur les choix des matériaux , les deux associés s’opposent souvent. Mais c’est aussi cela qui est enrichissant.

« Une architecture, on la construit pour les gens. Notre enjeu c’est de faire pour les gens, et que les gens se l’approprient » nous dit Clotilde du bk club.

C’est pour cela qu’il faut être à l’écoute des personnes pour savoir comment ils vivent et comprendre leurs attentes. Il faut trouver le juste équilibre pour correspondre au bon projet. C’est vraiment plus qu’un acte de construire, il s’agit aussi beaucoup de communication. Cela consiste à comprendre les désirs des personnes, et à savoir les matérialiser.

Marc et Clotilde sont attachés notamment aux conséquences de la réhabilitation et au réemploi. Ainsi, les différents projets sur lesquels ils travaillent n’aboutissent pas à la même expression ou matérialité. Au contraire, il y a une attitude, un processus, une façon de faire. Ils cherchent toujours l’économie dans le fonctionnement des bâtiments, des matériaux, et l’espace.

Lorsque nous parlons aux compères de quels projets ils sont le plus fiers, ils ne sont pas d’accord. ils nous communiquent la fois où ils sont sollicités par le Mucem pour faire le concept store du Fort Saint Jean. Ce projet illustre bien leur méthode de travail. Pour ce projet, ils récupèrent les matériaux de la scénographie de l’exposition « J’aime les panoramas » pour les réemployer.

« Le secteur du BTP est le plus gros producteur de volume de déchets. C’est aussi notre responsabilité de faire en sorte qu’on réemploit ce qu’on peut avoir. C’est aussi la signature de nos projets. On essaye de faire en sorte de faire avec ce qu’on a à côté. »

Le projet dont Marc est le plus fier est plus récent. L’hiver dernier, Clotilde et Marc ont participé à la reconstitution d’une mosquée à Mossoul, en Irak. Ce projet est en accord avec l’UNESCO et un ensemble scolaire dont un Institut d’Art Islamique et une école secondaire qui ont été également adossées.

Ce projet a eu lieu juste après la période de destruction qui a laissé de forts stigmas. « Intervenir aussi proche dans le temps est un peu effrayant, il n’y a pas eu du tout de temps qui est passé qui aurait pu gommer les traumatismes. » Encore une fois, ils s’emploient à utiliser les matières qui sont sur place, à réutiliser des fragments trouvés, de les remettre en scène et de reconstruire. Derrière ce projet, il y a tout un côté sacré très engageant et impressionnant. Leur travail est récompensé, car ils sont devenus lauréats du 5ème prix du concours mondial anonyme lancé par UNESCO.

Ensuite, Clotilde et Marc nous racontent comment ils travaillent. Pour les amorces, l’architecture est un arc de commande. C’est souvent la façon dont la commande est formulée et les personnes qu’ils rencontrent qui fait la différence. « On rebondit sur la manière dont on nous présente le désir. C’est souvent une bonne amorce pour capter ce qui n’est pas dit ou ce qui est sous jacent, ce qu’on pressent à propos de la personne. »

Actuellement, les fondateurs du bk club travaillent sur la réhabilitation du Napoléon à Arles, sur l’extension de la crèche de la Friche de Belle de Mai. En effet, Ils accompagnent également une artiste au château La Coste.

Quelle est votre définition de Marseille ?

Clotilde : Bleue et Belle.

« En architecture, la ville est un terrain de jeu fascinant. Il y a tout partout. Il n’y a pas forcément de sens, tout n’est pas normé et c’est ça qui est beau. L’œil est tout le temps attiré par un petit regard, par un détail. L’œil ne se fatigue jamais et ne s’ennuie pas. »

Marc : Brute ça peut correspondre à Marseille aussi. C’est peut être l’un des aspects qui me plait le plus d’ailleurs. car la beauté vient aussi de cette brutalité du paysage, de la lumière.

Un dernier mot ?

Je pense que ce qui est intéressant dans ce métier c’est justement de faire des choses auxquelles on ne s’attendait pas. Travailler avec des artistes, avec une compagnie de danse, sur de la musique, sur du cinéma, sur du décor, c’est ça qui est intéressant.

Retrouvez nos autres interviews dans le magazine.

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