Leny Gray – Styliste spirituelle

Leny Gray est consultante mode auprès de professionnels et particuliers depuis 3 ans. La jeune femme Congo lyonnaise est aussi à l’origine du magazine de mode africain Sentinelle et du talk-show du même nom. Passionnée de basket étant adolescente, Leny nous raconte comment la mode s’est imposée à elle professionnellement.

Une enfance à Lyon

Ma mère est devenue chrétienne quand j’avais 10 ans. Au début, je n’appréciais pas aller à l’église. Les réunions étaient longues et je m’ennuyais. J’étais forcée d’y aller, mais pas intéressée. C’est quand ma grande sœur s’est intégrée auprès des jeunes de l’église et que j’ai vu une différence dans sa vie que ma curiosité s’est éveillée. J’ai vécu un moment très fort avec Dieu à 13 et demi puis je me suis fait baptiser quelques mois après.

Enfant, ma passion pour le sport, et notamment le basket, m’a donné un physique athlétique. J’étais grande et mince et ne passais pas inaperçue au lycée. À 18 ans, j’ai eu une proposition mannequinat et j’ai aimé l’adrénaline et l’univers qui y est rattaché. J’ai eu envie d’être mannequin et les quatre années qui ont suivi je pensais sincèrement être la prochaine Naomi Campbell ! Je m’investissais beaucoup dans ce domaine. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’aller à New York, mais ma mère avait pour priorité les études alors j’ai dû mettre de côté ce projet professionnel.

Je viens d’une famille très académique, mon père était médecin. Il était impensable pour mes parents qu’un de leur enfant n’ait pas de diplôme, peu importe le domaine d’étude. Du coup, j’ai fait un master Mode et Communication à l’Université de la Mode Lyon 2.

Ses premiers pas dans l’industrie de la mode

Leny Gray a fait face à quelques réserves avant d’assumer pleinement son attirance pour la création de style et l’expression au travers d’un look. Les stigmas associés à l’industrie de la mode ont la vie dure.

Plus jeune, j’ai été identifiée comme une fille superficielle qui n’aime pas Dieu et préfère regarder des défilés plutôt que lire la Bible. Vers mes 21 ans,  je me suis remise en question et j’ai décidé d’arrêter de m’impliquer dans ce domaine, car je pensais que ça ne venait pas de Dieu. Seulement la mode m’a suivi. J’étais constamment sollicité sur ce sujet pour conseiller des proches sur leur façon de s’habiller. Je recevais également des remarques positives sur mon apparence dans la rue. J’en suis venue à demander à Dieu ce que tout cela signifiait et à être sincère sur le fait que j’aimais la mode, les médias, la production et création visuelle.

Après avoir prié, je me suis rendu compte que j’avais besoin de faire un métier créatif. Que ça soit maquiller quelqu’un, faire une séance photo ou créer des visuels sur Photoshop ou Canva.

Accepter mon identité créative m’a affranchi du regard des autres. La mode selon Dieu n’est pas définie par de quelconques traditions religieuses, mais par ma relation personnelle avec Lui.

Je suis consciente que ce milieu-là n’est pas toujours facile, mais je veux être le rayon de soleil dont les gens vont se souvenir toute leur vie. Je ne veux pas mettre de côté les personnes travaillant dans la mode et me mettre en autarcie pour vivre dans une bulle exclusivement chrétienne.

Aujourd’hui, je ne vois plus la mode comme une passion, mais comme une mission. Les personnes avec qui je travaille sont mon ethno, ma population. Je suis équipée pour les servir et bien entourée pour continuer à travailler dans ce milieu-là.

Ces réflexions l’ont poussée à créer son entreprise Leny Gray Consulting et plus tard Sentinelle Magazine.

Le magazine

Sentinelle Magazine est né au Canada en 2020. J’y suis allée juste avant le début de la pandémie. Ce fut très compliqué émotionnellement pour me faire des amis et tisser des liens profonds avec des gens là-bas. J’ai beaucoup prié pendant le confinement et une amie m’a introduite à des séries nigérianes. J’ai de suite été bluffée par le style des acteurs. Ils étaient beaux et bien habillés. Je me suis peu à peu intéressée à l’Afrique malgré mes origines congolaises et les vacances passées là-bas. J’ai commencé à voir l’Afrique autrement qu’une terre de vacances.

Peu après, je m’en souviens très clairement, le 11 avril 2020 je fus ému devant un clip de musique. En allant prier, j’ai eu cette conviction : il faut que l’Afrique retrouve sa couronne, je vais créer un magazine de mode au Nigéria.

J’ai repris le logo créé des années auparavant et j’ai créé un magazine de mode dans la journée. J’ai montré le projet à mon entourage proche pour leur demander si c’était une folie et leur réponse m’a grandement encouragé. Ce magazine renferme tout ce que j’aime au-delà de la mode et de l’Afrique : j’encourage les gens à créer et j’écris. Ça me correspond à 100 %.

J’ai toujours su que j’allais créer un magazine de mode, mais je pensais vivre aux États-Unis. Il a fallu que je traverse l’Atlantique pour réaliser que je devais travailler en Afrique.

Suite à un soutien financier, Leny Gray arrive au Niger le 1er janvier 2021. Où elle rencontre une équipe de rédacteurs, photographes, stylistes et make-up artistes séduits par son projet. Un an plus tard, Sentinelle souhaite élargir son champ d’expression à l’audiovisuel au travers d’un talk-show produit au Niger.

Sa vision de la mode

La mode selon moi est le moyen que nous utilisons pour montrer qui nous sommes. Nous portons tous des vêtements et de ce fait, nous racontons une histoire à travers nos tenues. Un costume cravate hebdomadaire, une tenue noire ou une robe orange à fleurs dégagent une énergie différente.

La Bible dit que l’homme regarde à ce qui frappe l’œil, mais Dieu regarde au cœur. Je ne mets pas de côté cet enseignement, mais je suis consciente que mon vêtement est le reflet de ce que je suis. C’est important pour moi d’être intentionnel avec mon apparence. C’est ce que je choisis de raconter, de révéler aux personnes que je côtoie. J’y vois quelque chose de plus profond que seulement un outil pour se couvrir.

Leny Gray a une passion pour la création au-delà de la mode et du mannequinat. Faire de la mode son métier demande énormément de travail de précision. Il faut être capable de comprendre les phénomènes de mode de notre société. De comprendre les matérialités et les cultures de mode qui diffèrent selon les pays. Pour ensuite savoir évaluer la place qu’elle prend dans nos systèmes d’échange, d’information et de communication.

Que dirais-tu à quelqu’un qui voudrait travailler dans la mode, mais n’ose pas se lancer ?

Je dirais deux choses :

  1. La peur est peut-être ce qui vous sépare d’une vie d’extraordinaire.
  2. Dieu est bon et son plan est toujours parfait. Quand quelque chose ne quitte pas votre cœur alors que vous priez pour connaître sa volonté et que vous êtes sincère dans cette démarche : lancez-vous. Il y a des personnes qui attendent l’opportunité de vous rencontrer. Vous êtes peut-être la réponse à la prière de quelqu’un. Si cela ne marche pas du premier coup, rien n’est perdu, recommencez simplement.

5 personnalités à succès qui l’inspirent

  • Dr Ngozi Okonjo-Iweala, la première femme africaine directrice du WTO 
  • Issa Rae, une productrice américaine qui a commencé en faisant des séries sur YouTube. Sa masterclass est vraiment top !
  • Lisa Bevere
  • Roberta Annan, fondatrice de l’African Fashion Foundation 
  • Annabelle Sourdril, celle qui m’a encouragée à me lancer. C’est l’une des personnes les plus bienveillantes et vraies que je connaisse ! 

Quelles sont tes 5 adresses favorites à Lagos au Niger ?

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Esther Chizat

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