Arles, capitale de la Rome antique en Provence

La Rome antique laisse encore aujourd’hui son empreinte dans toute la Méditerranée, et en Provence en ce qui concerne la France. En effet, Arles est l’heureuse représentante de cette antiquité figée dans la pierre. (Re)Découvrez les sites qui font sa gloire.

Fondée en 46 av. J.-C. par Jules César sous le nom d’Arelate, Arles fut l’une des plus importantes colonies romaines de la Gaule narbonnaise. À son apogée, elle rivalisait avec Marseille. Elle devenait ainsi un pôle stratégique du commerce fluvial sur le Rhône, mais aussi un centre administratif majeur de l’Empire. D’ailleurs, aujourd’hui encore, la ville est l’un des sites archéologiques les plus spectaculaires de France. Elle y concentre de nombreux monuments romains classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les arènes, le théâtre antique, les thermes de Constantin, les cryptoportiques, les Alyscamps, ou encore le cloître Saint-Trophime racontent l’histoire d’une cité où Rome a laissé une empreinte vivante, majestueuse et intemporelle.

L’amphithéâtre d’Arles : la puissance de Rome gravée dans la pierre

Construit vers l’an 90 apr. J.-C., l’amphithéâtre romain d’Arles est sans doute le monument le plus emblématique de la ville. Long de 136 mètres, il pouvait accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs venus assister à des combats de gladiateurs, des chasses d’animaux sauvages ou des spectacles populaires. Son architecture elliptique, inspirée du Colisée de Rome, témoigne de la puissance impériale et de l’habileté des ingénieurs romains.

Transformé en forteresse au Moyen Âge, l’amphithéâtre fut ensuite redonné au public. Il accueille aujourd’hui des corridas, des courses camarguaises, des concerts et des reconstitutions historiques. Il fait le lien entre les traditions antiques et provençales. Ce dernier est le cœur battant d’Arles, un lieu où passé et présent se regardent droit dans les yeux.

Le théâtre antique : l’élégance de la culture romaine

Moins massif que les arènes, mais tout aussi symbolique, le théâtre antique fut édifié à la fin du Ier siècle av. J.-C. sous Auguste. Un lieu de divertissement raffiné, consacré aux arts de la parole : tragédies, comédies, discours. D’une capacité de 10 000 places, il accueillait des spectacles qui mêlaient scénographie, musique et poésie.

Il reste aujourd’hui une scène vivante, notamment pendant les festivals d’été. Les colonnes du mur de scène, les gradins en pierre et la douceur du vent du sud font du théâtre antique un lieu suspendu dans le temps, propice à la contemplation comme à la création.

Les thermes de Constantin : le luxe quotidien des citoyens

Érigés au IVe siècle, à l’époque où Arles devient l’une des résidences impériales de l’empereur Constantin, les thermes incarnent le raffinement de la vie urbaine romaine. C’était bien plus que des bains : un lieu de détente, de sport, de conversation et d’affaires. Les ruines visibles aujourd’hui permettent d’imaginer l’opulence architecturale et le confort que les habitants pouvaient y trouver.

Les Alyscamps : une allée sacrée entre empire et spiritualité

Véritable nécropole romaine, les Alyscamps (du latin “Elysii Campi”, les Champs Élysées) s’étendent au sud d’Arles, entre cyprès et pierres séculaires. Utilisée depuis l’époque romaine et jusqu’au Moyen Âge, cette allée de sarcophages alignés formait une route sacrée vers l’éternité.

Lieu de pèlerinage chrétien, immortalisé plus tard par Van Gogh et Gauguin, les Alyscamps offrent une promenade chargée d’émotion et de mystère. Un lieu où l’histoire murmure au creux des colonnes, entre ombre et lumière.

Les cryptoportiques : Arles souterraine

Sous l’actuelle place de la République, les cryptoportiques : un trésor souvent méconnu. Ces galeries souterraines voûtées servaient de fondation au forum romain, centre politique et économique de la cité. Elles datent du Ier siècle av. J.-C. et impressionnent encore par leur robustesse, leur fraîcheur minérale et leur mystère.

Visiter les cryptoportiques, c’est littéralement plonger dans les entrailles d’Arles. En réalité, l’idée est de découvrir son organisation, ses réseaux invisibles et l’ingéniosité de l’architecture romaine.

Le cloître Saint-Trophime : continuité du sacré

Témoin du passage de l’antique au roman, le cloître Saint-Trophime (XIIᵉ siècle) est un chef-d’œuvre de sculpture religieuse et de lumière. Ce lieu spirituel est bâti en partie avec des matériaux issus de monuments antiques. Les colonnes, les chapiteaux et les reliefs qu’il abrite s’inspirent des modèles gréco-romains. Ils créent ainsi un dialogue entre paganisme et christianisme, entre Rome et l’Église médiévale.

Arles, héritière fière de Rome

Arles n’est pas figée dans son passé : elle le vit. Chaque monument y est un morceau de Rome transplanté sur les rives du Rhône. Que l’on y vienne pour l’histoire, la photographie, la littérature ou simplement pour ressentir la force du lieu, Arles s’impose comme l’une des villes antiques les mieux conservées d’Europe.

Amphithéâtre (Arènes) – Rond-point des Arènes
Théâtre antique – Rue du Cloître
Thermes de Constantin – Rue du Grand Prieuré
Alyscamps – Avenue des Alyscamps
Cryptoportiques – Entrée par l’Hôtel de Ville
Cloître Saint-Trophime – Place de la République

Astuce : un Pass Monuments d’Arles permet d’accéder à tous ces sites à tarif réduit, pour une immersion complète dans la ville romaine.

Partenaire : Arles Camargue Tourisme

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Nicolas Lopez.

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