Benoit, 35 ans, vit et travaille à Marseille. Pacsé et papa de son petit chien Georgette, qu’il décrit comme « la plus belle chose au monde », il est designer, architecte d’intérieur et maître d’ouvrage. Avec une identité marquée et une créativité sans fin, Benoit exécute des projets avec son agence Maison Palas. Des projets bien pensés pour les marseillais, mais pas que.
Avant de se lancer dans cette nouvelle carrière, Benoit travaille dans le secteur de la télévision. Rédacteur en chef chez TF1, il écrivait des émissions de divertissement, une expérience qu’il adore et le façonne. Son nouveau métier lui vient lors d’un investissement locatif. En effet, un ami agent immobilier craque pour son travail et réussi à revendre la propriété le lendemain, grâce à son design. Suite à cela, une proche lui demande de travailler sur un projet. La machine se lance et de fil en aiguille, les opportunités se présentent à lui. Autodidacte, Benoit saisit sa chance. Aujourd’hui, il exerce en tant qu’architecte d’intérieur et maître d’ouvrage, deux rôles qu’il combine avec succès. « Je crée et je contrôle ma création », précise-t-il.
Comment gérez-vous l’équilibre entre la vision créative du design et les contraintes pratiques du chantier ?
Déjà, je travaille beaucoup en amont avec les clients sur des moodboards. On s’inonde de références toute la journée sur WhatsApp. Mes inspirations sont très poussées, j’adore ça. Je peux passer d’un style épuré japandi à un style vintage années 70 italien rempli de couleurs. Ça m’éclate de créer des décors pour mes clients. La mise en scène est pour moi hyper importante. J’aime le drama. De la poignée à la couleur des torchons, j’ai une vision globale.
Comme je sais en amont ce que les clients aiment, je peux mieux appréhender les coûts. La deuxième solution pour trouver cet équilibre, c’est la présence physique. Je me déplace quasiment tous les jours sur mes chantiers. C’est ce qui fait ma force et ma différence. Je suis LE référent. Par conséquent, je peux réagir très vite aux imprévus. Et soyons honnêtes, j’adore ça. Rester devant mon ordinateur ne me convient pas, je tourne vite en rond.


Quelles étapes suivez-vous pour garantir que le projet respecte à la fois le budget et le calendrier de construction ?
Tout de suite, les mots qui fâchent : le budget et le timing… L’imprévu fait partie du métier, le bon comme le mauvais. Néanmoins, il faut savoir dompter cet aspect. Le secret, c’est l’anticipation. Ça vous fait gagner beaucoup de temps, et donc de l’argent. Encore une fois, le fait que je sois présent physiquement et quotidiennement avec mes artisans me permet d’identifier très vite les problèmes. Je tiens cela de mon ancien métier de rédacteur en chef chez TF1. Je passais mon temps à prévoir l’imprévisible, à avoir un plan B, C, voire D.
En fait, je préconise aussi à ceux qui me posent la même question de faire un tableau prévisionnel des dépenses et, surtout, de faire leurs commandes le plus rapidement possible. Mais attention, nous ne sommes pas des magiciens. Soyons honnêtes, un chantier qui se passe comme prévu à 100 %, ça n’existe pas.


Comment assurez-vous la coordination entre Maison Palas et les différents corps de métier pendant le chantier ?
Avec un grand sourire et beaucoup de patience. Il faut parfois faire la danse du ventre pour obtenir ce qu’on veut, dans les temps et à un prix intéressant. Plus sérieusement, il faut bien comprendre que les bons artisans sont des artistes. Ils ont un talent, ils le savent, et ils sont parfois “complexes à appréhender”. Ma force, c’est que je suis un touche-à-tout. Je regarde tout et je m’intéresse à tout. Je sais donc de quoi les artisans me parlent. En réalité, la coordination est un pur travail de management. Il faut écouter, savoir comprendre les caractères de chacun et surtout ne jamais oublier son objectif. Finalement, il faut donc faire preuve de fermeté, mais toujours garder son calme. Encore une fois, le présentiel change la donne.


Quels sont les défis les plus courants que vous rencontrez en tant que maître d’ouvrage et designer d’espace, et comment les surmontez-vous ?
Le plus grand défi en tant que designer, c’est de transmettre à mon client ma vision avec Maison Palas. Malheureusement, avec les réseaux sociaux, les clients ont souvent tendance à s’arrêter sur ce qui inonde les pages Instagram. Bien souvent, j’ai une vision assez précise de ce qui leur correspond vraiment, alors qu’eux en ont une autre. Attention, je n’ai pas la science infuse et je n’aime pas imposer un style, quoi qu’il en coûte. Je ne suis pas comme ça. Mais je dois avouer que parfois, il faut du temps et beaucoup de patience pour faire comprendre aux clients que si je leur dis quelque chose, si je propose une idée, c’est pour leur bien.
Je n’irai pas dans un sens si le choix artistique ne les représentait pas. Quel en serait mon intérêt ? Il faut donc faire preuve de créativité pour que les envies du client et mon imaginaire soient en harmonie. Cela m’est arrivé de travailler sur un projet qui ne représente pas mon style. Ça ne me pose pas de problème. C’est parfois intéressant de sortir de sa zone de confort. N’est-ce pas ?


Comment gérez-vous les imprévus qui peuvent survenir pendant la phase de chantier, comme des retards ou des modifications de dernière minute ?
Déjà, il faut parler des problèmes en amont. “Telle ou telle chose sera un défi. Telle ou telle chose ne sera pas certaine”. Tout cela fait partie de la vie de Maison Palas. Je dirais que le principal, c’est de ne jamais mentir. Il faut dire la vérité avant, pendant et après le chantier. Les modifications architecturales, ça arrive souvent et c’est normal. Mais les modifications esthétiques de dernière minute, je suis très honnête, cela m’arrive rarement. Avec moi, quand c’est posé, c’est posé. De toute façon, ça a été tellement réfléchi, discuté et travaillé en amont que les éléments prennent automatiquement leur place.


Qu’est-ce qui, selon vous, distingue un bon suivi de chantier d’un suivi de chantier moyen ?
Le présentiel, le respect des artisans et savoir gérer son propre ego. Dernier détail, et non des moindres : il faut savoir s’amuser et prendre du plaisir à faire ce métier. Chez Maison Palas, on bosse dur, mais avec le sourire. Comme tout métier artistique, si tu ne t’amuses pas, si tu n’es pas passionné, le résultat ne sera pas optimal. Et ça se verra sur les finitions.
Je gère des personnes qui ont des métiers souvent difficiles voire éreintants. La moindre des choses, c’est de les soutenir. Un sourire, une blague nulle, ça ne coûte rien et ça peut rapporter gros !



Ichtus Magazine est un magazine web culturel et spirituel. Quelle est votre définition de la spiritualité ?
La spiritualité, c’est être en accord avec le monde qui vous entoure. Je crois aux forces de l’esprit, comme disait un président. La religion en tant que telle, tout du moins aux dogmes qui régissent les croyances, ce n’est pas ma vision. Pour moi, la spiritualité se trouve dans la nature, dans son simple appareil. Je ressens vraiment la beauté créatrice dans les éléments, pas dans les paroles ecclésiastiques. Une sorte de shintoïsme à ma façon.
Quelles sont vos 5 adresses favorites à Marseille ?
- Le Cercle des Nageurs, l’évidence.
- L’atelier 159, les meilleurs du design.
- Le Parc des Bruyères, la plus belle vue sur Marseille.
- Le Paoli, passion PMU.
- Le Directoire, la place la plus secrète de Marseille.



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Nicolas Lopez

