Qui irait chercher du symbolisme dans le pied ou la chaussure ? Les pieds sont souvent représentés dans les peintures rupestres pour indiquer la présence d’humains. Depuis les temps anciens, ils symbolisent la force et l’agilité humaines, en ce qu’ils sont le support de la station debout, caractéristique de l’homme.
Les éclaireurs ont toujours accordé une grande importance aux empreintes de pied. Très ancienne, la chaussure apparaît d’abord sous la forme la plus rudimentaire d’une simple semelle de bois ou de cuir, attachée au pied par des cordons. Les périodes du Moyen Âge et de la Renaissance accordent une grande importance à la chaussure.
Dans les contes de Charles Perrault, le « Petit Poucet » se sert des bottes de sept lieues comme d’un instrument au service du pouvoir. Après les avoir volées à l’ogre, il les chausse pour se mettre au service de son souverain et sauver le royaume. La botte devient ainsi l’auxiliaire de la puissance avec la faculté de s’adapter au pied qui la chausse. Par ailleurs, on la retrouve également dans le « Chat botté ». Cette fois elle se met au service de la ruse et de l’espoir.
Dans « Cendrillon », par contre, les pantoufles en fourrure d’écureuil servent l’amour et l’ascension sociale. La servante devient princesse par le seul fait d’être chaussée. Ainsi, la vie triste de la jeune fille s’ouvre dès lors sur un avenir plein d’amour et de bonheur, comme dans tous les contes de fées.
Par ailleurs, La Bible nous offre également, mais de façon spirituelle, du symbolisme dans la chaussure.


Le Très-Haut, sur le mont Sinaï, ne demande-t-il pas à Moïse de se déchausser pour recevoir ses dix commandements ? Pourquoi cette demande, sinon pour signifier le respect et le dénuement devant la personne divine ? Une des coutumes musulmanes consiste à se déchausser avant d’entrer dans une mosquée. Une telle pratique symbolise l’humilité et la mise de côté des soucis terrestres pour se concentrer sur la prière. Au Japon, on se déchausse dès l’entrée de la maison ou de l’appartement. Le Japonais marque ainsi la séparation entre deux univers : il laisse derrière lui les salissures, mais aussi les tensions du monde extérieur. L’intérieur devient un lieu de repos, de méditation et de partage des repas.
Symbole du voyageur, la chaussure était pour les Grecs un signe de liberté, à l’image de la divinité Mercure (Hermès chez les Grecs), qui portait des ailes à ses sandales. Dans les vingt-quatre chants de l’Iliade attribués à Homère, Hector, expirant, rassemble ses dernières forces pour demander un tombeau à son vainqueur. Achille, héros au pied vulnérable, se montre impitoyable envers Hector. La mort du meurtrier de Patrocle ne peut lui suffire. En effet, il s’empare du corps qu’il attache à son char par les pieds et le traîne autour des murailles de Troie. Homère raconte dans l’Iliade la visite de Priam, roi de Troie, venant supplier Achille dans le camp grec pour obtenir la dépouille de son fils. Lors de cette visite inattendue, Achille ressent les émotions de Priam. Il restitue le corps d’Hector et ils conviennent d’une trêve pour le temps des funérailles.
Les pieds de profil étaient pris pour le signe ou le symbole d’une chose perdue.
En gravant sur les tombeaux des pieds, les Hellènes ont voulu exprimer la douleur qu’ils éprouvaient de la perte des leurs. Les pieds dessinés expriment une idée de vénération et de singulière affection envers les défunts. Les parents et amis venaient les baiser, comme représentant les pieds de ceux qu’ils pleuraient.
Ainsi, Marie-Madeleine ne se lassait pas de baiser les pieds de Jésus de Nazareth, après les avoir arrosés de ses larmes. La coutume fraternelle du « lavement des pieds » dans l’Église romaine est un geste d’humilité, en souvenir de la Cène où Jésus lava les pieds de ses apôtres. Voilà, à travers l’Histoire, quelques exemples de l’importance du pied et de la chaussure. Mais dans la mesure où la fraternité évoque le partage et le respect de la dignité humaine, c’est sûrement de ces symboles que s’inspire la tradition des souliers près de la cheminée ou du sapin, placés là pour recueillir les cadeaux du Père Noël.
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Joyeux Noël, Henri RAMONEDA

