Di Fretto, studio de sculpture dans le Luberon, par Aurélie Fretti

Aurélie Fretti façonne son univers autour de la sculpture, en se servant de ses origines comme socle : la Pologne et l’Italie. En effet, sa marque, Di Fretto, s’articule autour des volumes et des mouvements inspirés par la Babka, une brioche polonaise, ainsi que par les statues italiennes aux corps charnus.

Après avoir passé 15 ans dans le monde de la publicité à Paris, Aurélie choisit de vivre à la campagne, dans les Yvelines. Son monde ne correspondant pas à ses valeurs, elle décide de changer de vie. Cette période a été marquée par une humeur changeante, souvent déprimée, accompagnée de burn-out. En réalité, la sculptrice désirait profondément exprimer sa créativité, mais cet univers ne lui permettait pas de le faire comme elle le fait aujourd’hui, car elle ne se sentait pas légitime. Son travail consistait à gérer des projets, ce qui demandait d’être méthodique, carré et pragmatique, des qualités qu’elle n’avait pas à l’époque. Bien entendu, aujourd’hui elle l’est, mais dans un univers qui découle de son ADN.

C’est grâce à son mari qu’Aurélie a commencé à penser autrement, c’est-à-dire de manière plus positive et axée sur la solution. Pour s’intégrer à sa nouvelle vie à la campagne, la créatrice s’initie à la céramique et se rend vite compte que son humeur était profondément positive les jours de cours. Cette prise de conscience l’amène à s’intéresser à ce projet et, finalement, à se former pendant 4 ans, passant de la poterie au modelage, de la taille aux moules, en touchant le bois, etc. L’univers de la forme s’est imposé à elle comme une évidence, car elle aimait ce qu’elle créait. Son travail, confronté aux regards des gens sur les réseaux sociaux, confirme également ses impressions.

Aurélie se rend compte aussi qu’elle était toujours dans un état de flow lorsqu’elle produisait, où le réel n’existait plus. Elle ressent alors un profond sentiment d’appartenance et de légitimité, devenant elle-même.

Aujourd’hui maman de deux enfants, sa manière d’observer son travail évolue au contact de Chiara Colombini, fondatrice d’une boutique en ligne spécialisée dans une sélection de créations françaises durables avec un accent sur le fonctionnel. En effet, Chiara a un coup de cœur pour ses pièces et lui ouvre son réseau, composé d’architectes. Après un premier lancement presse à Paris, dans un appartement donnant sur le jardin du Palais Royal, Aurélie connaît un succès fulgurant. Les planètes s’alignent. Tout devient fluide.

Cela fait maintenant un an et demi qu’elle vit dans le Luberon, dans une ferme qu’elle restaure. L’environnement, la nature et les animaux l’inspirent profondément. Selon elle, l’évolution de la sculpture contemporaine se démocratise et favorise l’ouverture sur les matériaux. L’idée est plutôt de se laisser porter par les émotions lorsqu’on regarde une œuvre, plutôt que d’attendre une validation codifiée du monde de la sculpture. En réalité, chacun est libre d’exprimer son opinion selon ses goûts, que l’on soit puriste ou pas. D’ailleurs, son matériau de prédilection est le plâtre. C’est auprès des personnes qui travaillent sur son chantier qu’elle apprend le plus : sa texture, sa mobilité, sa porosité, etc. Ce matériau de construction est aussi un matériau simple qui permet de créer les plus belles œuvres d’art.

Aurélie vit aujourd’hui en étant alignée et souhaite créer par amour, et non pour l’amour. Un acte spirituel par essence. Par ailleurs, voici la définition qu’elle donne à ce mot :

Selon moi, réussir à vivre dans un état de spiritualité, c’est vivre en harmonie avec soi-même. La nature et les animaux m’aident à y parvenir. C’est aussi ne pas prendre au sérieux ce que je crois être vrai, afin de me laisser de la place pour vivre en pleine conscience, maintenant. Bien entendu, c’est un processus. Le voyage est long, mais précieux. Il s’apprécie.

Ses adresses favorites dans le Luberon :

  • Le Castellas (Domaine du Castelas)
  • Les Valseuses (Apt), qui a été repris il y a une semaine par une nouvelle équipe, La Felicita.
  • Appy Corner : Espace vintage, objets de décoration et prêt à porter.
  • Le Rocher de Saignon, et une pizza le samedi soir chez Lorenzo, à déguster en haut du Rocher.
  • La Villa Bambam, la maison d’hôtes et l’atelier de peinture de mon ami artiste @mambo.vu et sa femme Julie.

©️ Billy Bahamas

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Nicolas Lopez

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