Tout commence à Marseille, avec la rencontre entre Cécile et Raphaël, deux personnalités bien différentes et complémentaires. L’idée de créer, partager et apprendre ensemble est, dans leur relation, une force commune. Ils décident alors de se lancer en 2022, un peu sans savoir où ils vont, accompagnés par leur hargne et leur naïveté. L’histoire de l’atelier Hesmée commence alors !
Atelier Hesmée, c’est tout d’abord une matière : le béton. Donner une autre identité à cette matière, une autre utilité et ainsi la mettre au service de la décoration. Finalement, la matière est mélangée, coulée, poncée et façonnée par ces quatre petites mains dans leur atelier à Marseille. Tombés amoureux de cette matière, Cécile et Raphaël expliquent pourquoi :
« Ce qui nous plaît dans le béton, c’est la surprise au démoulage ou encore au ponçage. Ce rendez-vous avec le hasard qui nous excite tant et que l’on souhaite raconter dans chacune de nos pièces ! »
L’étape du ponçage permet alors de faire éclore la minéralité du béton, minéralité que l’on retrouve visuellement à travers l’apparition mouchetée, naturelle et aléatoire sur chacune de leurs pièces. Inspirés par leurs origines, Cécile et Raphaël aiment retrouver les cannelures et les courbes dans le dessin de leurs pièces. « Ces lignes épurées et arrondies qui nous ramènent à cet univers méditerranéen qui nous passionne tant et nous ressemble ! » Atelier Hesmée, c’est de la décoration, mais aussi du mobilier : « La création et la fabrication de mobilier, voilà la partie de notre activité qui nous anime le plus ! Partir d’une idée, la dessiner, puis en arriver à un résultat final comme celui-ci, il n’y a rien de plus excitant et passionnant pour nous… »



« Nous avons un amour pour cette matière, pour ce qu’elle nous offre. Pouvoir l’imaginer, la penser, la modéliser, puis la reproduire. Créer de A à Z. Créer un univers. Du début du processus créatif jusqu’à la fin. Voilà ce que l’on souhaite développer dans notre atelier. »
1. Le béton, c’est la matière du sol, mais où trouve-t-il son ciel dans vos créations ?
Effectivement, le béton, c’est la matière du sol, du bâtiment, brute, grise et généralement considérée uniquement pour le gros œuvre. Dans nos créations, cette matière prend un tout autre sens. Nous souhaitions lui donner une autre image, en la rendant plus accueillante, plus chaleureuse. Notre inspiration vient donc de là, à la base : donner une autre utilité à cette matière. Une autre âme. Instinctivement, nous nous sommes inspirés de nos racines et origines. Ça s’est fait plutôt naturellement. On les retrouve dans nos teintes provençales, ou encore dans les formes que l’on administre au béton. Par exemple, les cannelures qui nous rappellent notre Méditerranée, les courbes, les arches…



2. Quand vous façonnez une pièce en béton, est-ce que vous ressentez un peu comme si vous alliez donner naissance à une sculpture ? Ou bien vous êtes-vous déjà demandé si le béton avait ses propres envies ?
Un peu des deux. Quand on entend « sculpture », on imagine l’artisan qui taille un bloc pour lui donner une forme précise. Dans notre cas, nous « taillons » l’enveloppe de la forme finale pour lui donner vie, c’est-à-dire le coffrage. Il faut que nous pensions à l’envers et que nous nous projetions assez précisément sur l’aspect de la pièce finale. Ce qui est intéressant, justement, c’est que dans notre processus de création, nous changeons parfois d’avis en fonction des différents choix qui s’offrent à nous… Là aussi, on retrouve la notion de surprise !
En effet, nous nous sommes vite rendus compte que le béton était une matière capricieuse et qu’il ne permettait pas d’aller trop loin. Il nous limite parfois. D’ailleurs, il faut jouer avec cette limite pour trouver des solutions. En parallèle, il nous apporte tellement de possibilités ! C’est un peu paradoxal.
Le béton n’est pas très domptable, nous ne le contrôlons pas, c’est un peu lui qui décide de comment il veut se positionner. Par exemple, lors du coulage du motif, ou bien du séchage de la matière, il peut y avoir des variations. C’est ce qui fait que chaque pièce est unique !
Pour conclure, nous ne sommes qu’au début de notre relation avec cette matière. Elle nous en apprend tous les jours, alors nous ne nous sommes pas arrêtés sur cette réponse. Nous pensons que beaucoup de choses sont possibles et nous espérons pouvoir les toucher du doigt un jour.



3. Le béton, c’est solide comme un roc, mais existe-t-il des moments où vous avez dû ‘casser’ une de vos pièces pour en créer une meilleure ?
Le béton, c’est solide, oui, mais comme je disais précédemment, c’est une matière capricieuse. C’est aussi une matière qui vit. Elle bouge dans le temps et en fonction de l’environnement dans lequel elle évolue ! Au début, nous avons vite déchanté lorsque nous avons vu parfois des productions entières se fissurer ou se casser. Ce qui est « marrant », c’est qu’on a mis du temps à comprendre pourquoi. En fait, cela dépend simplement de l’environnement dans lequel le béton prend et sèche, du moins au début. C’est une étape très importante !
Par conséquent, je dirais oui, nous avons dû casser pour créer mieux ! Je dirais même que nous avons dû casser pour apprendre, car les échecs nous rendent meilleurs !
Le fait de casser certaines pièces nous a permis de faire de belles choses, de mieux comprendre la matière, de créer des pièces originales, ou encore de nous défouler dans les moments compliqués.



4. Est-ce qu’un objet en béton peut être plus qu’un simple meuble, peut-il nous parler, nous inviter à réfléchir ou rêver ?
D’après nous, oui ! Non seulement dans les formes que l’on peut lui donner, mais aussi dans les motifs qu’il peut prendre, que ce soit un mélange de teintes, ou encore l’apparition aléatoire de ce que le mélange contient ! Comme mentionné plus haut, c’est vraiment la surprise au démoulage !
Souvent, quand on découvre le motif, on arrive à s’imaginer une toile abstraite, un dessin, un mouvement. D’où le nom de notre motif d’ailleurs, « écume ». Nous l’avons choisi parce qu’il nous rappelle tellement la danse de la mer mouvementée. Nous inviter à réfléchir, c’est certain ! Avec les difficultés qu’il nous impose, mais aussi parce que, même si l’on trouve une solution, on aime aller encore plus loin pour le futur. C’est là que les idées viennent et que l’on peut créer, rêver !



5. Entre le brut et l’élégant, comment arrivez-vous à trouver l’équilibre ? Le béton, c’est un peu comme une toile vierge ou plutôt un partenaire rebelle ?
Un peu des deux. Une toile vierge, oui, puisque les possibilités sont multiples ! Mais parfois, le béton est aussi un partenaire rebelle ! La matière ne réagit pas de la même manière en fonction de l’environnement dans lequel elle évolue.
Je dirais que nous utilisons la « révolte » du béton pour exprimer le brut, ce que cette matière est naturellement. Puis, nous utilisons les teintes, nous dessinons les formes, ou encore nous façonnons la pièce pour créer un équilibre. Ne pas perdre l’identité du béton, tout en lui donnant une nouvelle âme, plus chaleureuse, plus déco ! Nous travaillons chaque pièce de manière bien particulière. Toutes les étapes du processus de création sont importantes.



6. Si le béton avait une personnalité, comment décririez-vous la vôtre en tant que créateur : un artiste audacieux ou un maître du temps ?
Je dirais que nous sommes des artistes audacieux (et tenaces) ! Lorsque nous nous sommes lancés dans ce projet, nous cherchions à créer quelque chose de différent de ce qu’on avait l’habitude de voir en déco béton. Après un nombre incalculable de recherches, nous avons enfin trouvé notre pâte ! Nous avons appris la matière, et maintenant, nous sommes capables d’aller plus loin avec elle, c’est juste génial !



7. Ichtus Magazine est un magazine web spirituel. Quelle est votre définition de la spiritualité ?
La spiritualité, pour moi, c’est une quête ! La quête d’une belle relation avec soi-même. C’est apprendre à se connaître, à s’aimer, et à se pardonner… Une fois la paix intérieure trouvée, je pense que l’on devient la meilleure version de soi-même et que l’on peut enfin se tourner vers l’autre de la manière la plus saine et bienveillante qui soit !
Personnellement, je ne suis pas encore à ce stade de mon chemin avec la spiritualité, mais c’est drôle parce que j’ai récemment rencontré quelqu’un qui m’a dit : « Ma vie a changé le jour où je l’ai confiée au divin ! ». Ça m’a parlé. Depuis, je perçois des signes partout qui me mènent à prendre ce chemin-là, à mon rythme. Le fait que vous me contactiez pour répondre à ces questions fait partie de ces signes…



8. Quelles sont vos 5 adresses favorites ?
- Les Goudes (en balade).
- L’atelier, on adore l’ambiance qu’il y a quand on travaille !
- La montagne pour se ressourcer.
- Le showroom Carré créatif (114 avenue de la Jarre, 13009), juste pour contempler le lieu et se perdre dans leur sélection de matériaux ! Et puis un peu aussi pour rêver du jour où on aura une maison à rénover.
- Le Red Lion face à la mer au coucher du soleil.
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Nicolas Lopez.

