Le Potager de Gaspard, c’est une ode à la terre, aux gestes justes et aux saisons qui commandent. Ici, pas de faux-semblants ni de productions hors-sol : on cultive comme on respire, avec patience, instinct et amour du métier.
Chaque légume est le fruit d’un sol vivant, d’une attention quotidienne, d’un lien intime avec la nature et ses rythmes. On y sent le vent du matin, la chaleur du jour, la pluie qui fait du bien. Dans ce potager nourricier, Gaspard remet à l’honneur un savoir-faire oublié : celui des jardins vivants, enracinés dans le bon sens paysan. C’est une terre qui parle, qui nourrit et qui rassemble, un lieu où l’on cultive autant le goût que les liens, avec la nature, les autres, et ce que signifie vraiment « bien manger ».






- Gaspard, peux-tu nous raconter comment est née ta passion pour le jardinage et comment elle s’est transformée en projet public sur les réseaux sociaux ?
Depuis que je suis petit, j’ai cet attrait pour la nature, mais la décision d’en faire mon métier vient sur le tard. Je suis cuisinier pendant longtemps à Toulouse et, pendant le Covid, en revenant sur les terres familiales, en voyant ces terrains inutilisés, je me dis : pourquoi ne pas en faire quelque chose ?
Ainsi, des idées de projets commencent à germer. Un an plus tard, je quitte mon travail et c’est parti : retour en Provence pour me lancer dans la permaculture.
Les réseaux arrivent logiquement par la suite. D’ailleurs, en 2025, ça devient compliqué de s’en passer, au moins pour se faire connaître. Et si en plus je peux faire passer un message positif, c’est un vrai plus !
- Tu es fils d’agriculteur. Comment ton environnement familial a-t-il influencé ton approche du jardinage et de l’agriculture durable ?
Exactement, mes grands-parents l’ont été, et ma mère avait pris le relais par la suite. Forcément, quand je suis petit, je les observe travailler, mais je me dis : « c’est trop dur, je ne ferai jamais ça ». Quelle erreur.
Ils me transmettent des valeurs fortes sur le respect de la nature et de l’écosystème qui nous entoure.
Par conséquent, en grandissant, les causes environnementales et la recherche d’une agriculture plus durable, moins coûteuse pour la planète, grandissent aussi en moi.
Aujourd’hui, ils ont une approche très bienveillante avec moi : ils me donnent des conseils si j’en ai besoin, mais ils restent en retrait pour me laisser un maximum de liberté et me permettre d’apprendre par moi-même. Et je les remercie profondément pour ça.
- Depuis 2021, tu partages régulièrement tes récoltes et astuces sur Instagram. Comment choisis-tu les sujets de tes publications et quelles sont les valeurs que tu souhaites transmettre à ta communauté ?#
C’est beaucoup de feeling. Ce sont les saisons qui dictent un peu mes publications. Quand j’ai une nouvelle récolte, j’essaye de faire une petite fiche ludique pour faire découvrir la variété aux gens. C’est pas mal d’observation aussi. Je me dis : « tiens, la lumière est sympa aujourd’hui », ou « cette plante est visuelle », etc.
Les valeurs que je souhaite transmettre sont avant tout écologiques. J’essaye de montrer qu’une autre voie est possible. Je n’utilise aucun pesticide ni insecticide, pas d’engrais ou d’intrants artificiels. Je pratique la polyculture pour créer un cercle vertueux. J’utilise de la paille bio et locale pour protéger mes sols et limiter la consommation d’eau. Si ce message arrive à faire écho chez certaines personnes, alors ça voudra dire que j’aurai réussi.
- Quel message souhaites-tu transmettre aux jeunes de ta génération concernant le jardinage et la préservation de l’environnement ?
Ne pas baisser les bras, et accepter qu’il va falloir lutter. On entre dans une époque incertaine, et l’avenir s’assombrit. Certaines lois, comme la loi Duplomb, sont extrêmement dangereuses pour les années à venir. Elles permettent la réautorisation de pesticides pourtant interdits, nocifs pour les espèces vivantes, notamment les abeilles, qui sont pourtant vitales à la poursuite de la vie sur Terre.
Les lobbys de l’agroalimentaire et de l’agriculture intensive sont très puissants, avec un pouvoir d’influence énorme. Ils soutiennent des projets clairement écocidaires : méga bassines, serres chauffées en hiver… une aberration écologique à tous les niveaux. Si les jeunes veulent aider, le premier pas, c’est de consommer au maximum de saison, local, et auprès de producteurs ou productrices qui respectent la nature, bien sûr, quand c’est possible de le faire.
- Comment vois-tu l’évolution de ton projet dans les prochaines années ? Envisages-tu d’élargir tes activités à d’autres formes de sensibilisation ou de collaboration ?
Pour le moment, l’activité, c’est la production maraîchère. L’évolution du projet, c’est la création d’une forêt comestible avec des fruitiers, des agrumes, des cultures permanentes comme le thym, mais aussi des plantes comme l’hibiscus ou le houblon, par exemple.
Des poules et des canards viendront sûrement vivre au milieu de tout ça. L’idée, c’est vraiment de créer tout un écosystème productif, mais avec de vraies valeurs environnementales. Quant à la sensibilisation ou aux formes de collaboration, je ne sais pas si c’est vraiment ma place. Je ne sais pas si je suis faite pour la politique.
- Quel conseil donnerais-tu à ceux qui souhaitent se lancer dans le jardinage, même avec un petit espace ou peu de matériel ?
Que c’est possible ! C’est même souvent mieux de commencer l’agriculture ou la permaculture sur un petit terrain. Ça permet de se faire la main plus facilement, sans se laisser dépasser par les événements. La permaculture, justement, permet de produire de façon efficace sur de petites surfaces, tout en travaillant dans un cadre vertueux, respectueux du vivant.
Pour s’initier, je recommande les livres et les vidéos de Damien Dekarz sur YouTube. Il donne plein de conseils concrets, avec des méthodes simples à comprendre, parfaites pour débuter une agriculture plus durable, notamment sur de petites parcelles. Je conseille aussi de se rapprocher de l’ADEAR de son département. C’est une association paysanne qui accompagne la création de projet, et assure un suivi par la suite. Ils ont beaucoup de bons conseils, et ça permet aussi de créer du lien. Ils m’aident encore aujourd’hui.
- D’autres projets dont tu souhaiterais dire un mot ? ( tu m’avais parlé d’un restaurant il me semble)
Effectivement ! On va dire que ce serait la cerise sur le gâteau. La cuisine reste ma passion principale. J’ai été cuisinier pendant presque dix ans. C’est la touche finale, mais aussi le projet initial.
Tout est pensé pour aboutir, à terme, à un restaurant en auto-production. Je ne sais pas encore exactement sous quelle forme, mais oui, c’est un projet de la graine à l’assiette. L’idée, c’est de pouvoir contrôler toutes les étapes du processus, en étant certaine de la qualité des matières premières travaillées.
- Tes 5 adresses favorites en Provence.
- La Cave de Trinquetaille : super cave à vin avec une super sélection notamment de vin nature mais aussi magasin de vinyles ! Situé dans le quartier de Trinquetaille à Arles comme son nom l’indique. Des dégustations sont organisées régulièrement avec en même temps des supers sélections musicales et des petits stands à manger pour pouvoir se restaurer. Vincent se fera un plaisir de vous accueillir dans sa cave pour prendre un verre et compléter votre discographie. 8 Av. de la Gare maritime, 13200 Arles
- Placette : restaurant dans un cadre magnifique situé juste au-dessus du Vieux-Ports sur une place à l’ombre des arbres. J’essaye d’y manger à chaque fois que je passe à Marseille ! Une cuisine créative et généreuse avec un accent mediteraneen. Des supers produits et une carte moderne qui change régulièrement avec un super rapport qualité prix. Une super carte de vin nature également. 22 Rue de la Guirlande, 13002 Marseille
- La Cave des Passionnés : Situé dans un petit village au sud d’Avignon, Damien vous accueille dans sa cave à vin avec une super sélection de vins natures mais pas que. Également une belle cave à spiritueux et une partie épicerie fine. Je vous recommande d’y faire un tour les vendredis soirs, des soirées à thèmes avec des restaurateurs sont organisées mais pensez à réserver ! 45 Bd de l‘Ancien Marché, 13870 Rognonas
- Première Édition : Originaire d’Avignon il faut bien que j’en place une pour ma ville ahah. Situé au calme à côté de la place St Didier, ici une cuisine gourmande et créative avec produits locaux et de saison. La carte change régulièrement avec la même réussite avec une mention spéciale pour la formule du midi qui est plus abordable. 5 Rue Prévôt, 84000 Avignon
- L’Echoppe : Amateur de bière craft c’est le lieu qu’il vous faut ! A côté de la place Voltaire, une énorme sélection de bières artisanales à la tireuse mais également en canette et bouteille, de la Sour à la IPA vous trouverez forcément votre bonheur. 7 Rue Voltaire, 13200 Arles
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Nicolas Lopez.

