L’estime de soi est un sujet de société à part entière. Longtemps cantonnée au rayon du développement personnel, la question de l’estime de soi est désormais un enjeu collectif, culturel et spirituel.
L’estime de soi ne se réduit pas seulement à une confiance individuelle ou à l’image de soi. En réalité, l’importance de se sentir digne et à sa place est un défi que beaucoup rencontrent dans leur quotidien. Vivre en étant en cohérence avec soi-même relève d’une étude de soi, d’une introspection nécessaire. L’idée de mieux se comprendre pour faire de meilleurs choix favorise le développement de l’estime de soi. Dans un monde fragmenté et manichéen, comment trouver sa place et faire confiance sans laisser notre égo prendre trop de pouvoir ? L’estime de soi, c’est savoir être reconnu et honoré au sein d’un groupe et contribuer à l’harmonie collective. C’est se fonder sur l’appartenance. Elle pousse à l’individuation, qui aujourd’hui a ses propres dérives. Car, la capacité à exister par soi-même, à affirmer sa singularité et à réussir selon ses propres critères est une bonne chose, seulement si elle ne rabaisse pas autrui.
Sur le plan anthropologique, l’estime de soi naît du contexte. En effet, elle prend racine dans les codes, les mythes et les valeurs propres à chaque société. Par conséquent, avoir « confiance en soi » est une construction sociale. Les valeurs de notre environnement donnent le ton sur l’estime que nous avons de nous-mêmes. Si nous prenons les caractéristiques morales de la société occidentale, nous pouvons affirmer que la performance, la beauté, la réussite, mais aussi la créativité ou encore la sagesse font office de valeurs suprêmes. Mais cela ne sera peut-être pas le cas dans une autre forme de société. Ces mêmes valeurs peuvent être perçues comme des faiblesses ou comme des vertus, ailleurs.
L’ère du miroir numérique
Prenons à nouveau l’exemple de la société occidentale, puisque c’est ce que nous connaissons. Le regard sur nous-mêmes est désormais médiatisé, filtré et évalué, souvent grâce aux likes et aux commentaires d’autrui… ou a cause de leur absence. L’exposition de notre quotidien sur les réseaux sociaux est un autre moyen de se sentir appartenir à un groupe. Fonder sa valeur personnelle sur ce miroir éphémère, c’est prendre le risque de s’éloigner de son authenticité. Mettre en scène notre moi idéal façonne l’estime que nous avons de nous-mêmes.
Les sociologues expliquent que nous devenons notre propre produit en nous mettant en scène. Mais ce n’est pas tout ! Nous devenons aussi notre propre public dans cette course du marché de l’identité. Nous comprenons notre valeur en fonction des chiffres que nous générons, mais aussi de la reconnaissance visible et bien entendu de la validation extérieure. Paradoxalement, l’être humain est en quête d’un regard qui ne juge pas. En effet, nous cherchons tous un espace intérieur ou nous pouvons exister sans condition.
La dimension spirituelle permet de se souvenir de sa valeur intrinsèque
Si nous abordons le plan spirituel pour parler de l’estime de soi, elle est quelque chose que l’on peut retrouver. Ne cherchez pas à reconstruire ce qui est déjà inhérent en vous. Comment faire ? Penchez-vous sur votre identité. C’est-à-dire la manière dont vous vous voyez. L’état d’esprit avec lequel vous observez le monde déterminera la qualité de votre vie. Il est primordial de comprendre que votre valeur ne dépend pas de ce que vous possédez, faites ou représentez. Ce système de pensée se retrouve dans les grandes religions qui peuplent le monde, mais aussi dans les sphères spirituelles. Par exemple, dans la tradition bouddhiste, on parle de retrouver sa nature de bouddha. Ensuite, dans le christianisme, on entend parler de dignité divine. Enfin, dans les approches énergétiques contemporaines, d’alignement avec son être profond. L’estime de soi est un chemin à parcourir. Un chemin de reconnexion plutôt qu’un combat de reconnaissance. Ce voyage permet de comprendre que vous êtes déjà complet, en dépit de vos blessures et de vos contradictions. Votre regard sur vous-même se transformera quand vous cesserez de vous mesurer et que vous commencerez à vous rencontrer.
Réhabilité la vulnérabilité.
La vulnérabilité est l’une des clés fondamentales de l’estime de soi. Les valeurs que la société a érigées comme vraies, telles que la maîtrise, la réussite ou la certitude, nourrissent votre ego. En réalité, l’acceptation de votre fragilité favorise le développement de votre estime de vous-même. Finalement, vous pouvez juste reconnaître vos doutes, vos limites et votre besoin des autres. Renoncer à la perfection, c’est choisir la justesse. En agissant ainsi, vous vous reliez à la communauté, à la nature et au sacré. Par conséquent, vous arriverez à vous situer dans le monde, mais aussi parmi le vivant et les autres.
Vers une écologie de l’être
N’est-il pas temps de cultiver une attitude où règne l’écologie intérieure ? Quand vous comprenez que vous vous reliez à vous-mêmes quand vous cessez de vous comparer, vous devenez vous. Vous vous branchez sur les ondes qui guident votre cœur, à ce qui est vivant en vous. Vous cessez de chercher l’approbation et la quête d’une image de soi idéale. La paix intérieure et l’acceptation de votre être seront à votre portée en vous concentrant sur cette perspective. S’aimer n’est pas un acte égocentrique. Il s’agit plutôt d’un acte de responsabilité envers le monde, car quand vous vous respectez, vous contribuez de manière positive au monde, avec conscience.
À lire aussi :
- À la découverte des artisans du Vaucluse avec « Arts et Gourmandises »
- Arles : L’Épicier Moderne, nouvel écrin de la gastronomie engagée
- Château Virant : un nouvel élan entre héritage et transition durable
- Pareidolie 2025 : quand le dessin révèle l’invisible
- Arles, la belle endormie se réveille hors saison
Découvrez nos collections photographiques
Nicolas Lopez.

