Du 20 mai au 27 septembre 2026, la Friche la Belle de Mai à Marseille accueille Sur les ruines, les pierres fleurissent, une exposition immersive de l’artiste-chercheur Abdessamad El Montassir. Cette proposition artistique s’inscrit dans une réflexion profonde sur la mémoire, les territoires et les récits invisibilisés.
Cette nouvelle exposition interpelle. En effet, que reste-t-il lorsque les récits officiels se taisent ? À cette question, Abdessamad El Montassir répond par une œuvre à la croisée de l’art contemporain, de l’anthropologie et de la recherche scientifique. En effet, son travail ne se contente pas de représenter le réel, il l’écoute, le capte, et surtout, le restitue autrement. Originaire du Sahara marocain, l’artiste développe une approche singulière du paysage. Loin d’être un simple décor, le désert devient ici un acteur vivant, un espace traversé de mémoires enfouies et de temporalités fragmentées. Ainsi, plantes, vents, sable et montagnes deviennent des archives sensibles, capables de conserver ce que l’histoire dominante choisit d’oublier.
Dans cette perspective, l’exposition s’inscrit dans une véritable démarche anthropologique. Elle interroge les modes de transmission du savoir, mais aussi les formes de silence imposées ou choisies. Car, comme le suggère la commissaire Gabrielle Camuset, il existe une tension constante entre le besoin de savoir et le droit à l’oubli. Dès lors, l’œuvre d’El Montassir montre que l’humain n’est plus le seul dépositaire du récit. Ce déplacement du regard ouvre une réflexion essentielle. Comment repenser notre rapport au vivant dans un monde marqué par les traumas collectifs et les héritages coloniaux ?



Abdessamad El Montassir, Trab’ssahl, 2023. Trilogie de films full HD, son stéréo, 13min 30sec chaque. © Abdessamad El Montassir / ADAGP, Paris / Abdessamad El Montassir. Photo: Daniele Molajoli x Villa Médicis / Design graphique de l’affiche : @ Akakir Studio
Art contemporain et mémoire collective : une lecture sociologique du trauma
Par ailleurs, l’exposition s’ancre dans une dimension sociologique forte. À travers ses installations visuelles et sonores immersives, l’artiste explore les mécanismes du trauma, qu’il soit individuel, collectif ou environnemental. Il met en lumière la manière dont les violences, vécues, transmises ou anticipées, s’inscrivent à la fois dans les corps et dans les paysages. Ainsi, le visiteur est invité à expérimenter une forme de mémoire non linéaire, faite de fragments, de rémanences et d’absences. Cette approche fait écho aux travaux contemporains en sociologie de la mémoire, qui reconnaissent l’importance des récits minorés et des subjectivités invisibles.
De plus, la dimension collaborative du travail d’El Montassir, impliquant scientifiques, poètes et témoins, renforce cette lecture sociologique. Elle souligne l’importance du collectif dans la construction des récits, tout en questionnant les hiérarchies traditionnelles du savoir.
Une exposition immersive à Marseille : expérience sensible et politique
Installée au cœur de la Friche la Belle de Mai et produite par Fræme dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, l’exposition propose une véritable expérience sensorielle. Entre images, sons et installations, le spectateur est plongé dans un univers où les frontières entre visible et invisible s’effacent. En ce sens, Sur les ruines, les pierres fleurissent dépasse le cadre de l’exposition classique. Elle devient un espace de réflexion politique et poétique, où se rejouent les tensions entre mémoire et oubli, présence et disparition. Enfin, dans le contexte actuel, marqué par des crises écologiques et identitaires, le travail d’Abdessamad El Montassir résonne avec une acuité particulière. Il invite à repenser notre manière d’habiter le monde, en intégrant les voix silencieuses qui le composent.
Que l’on s’intéresse à l’art contemporain, à l’anthropologie du paysage ou aux enjeux sociologiques de la mémoire, cette exposition s’impose comme un rendez-vous incontournable à Marseille en 2026. Elle offre une lecture sensible et engagée du monde, tout en renouvelant les formes de narration artistique. En somme, Abdessamad El Montassir ne raconte pas une histoire, il révèle celles que l’on ne voit pas.
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Nicolas Lopez.

