Chaque époque possède ses grandes histoires d’amour. Certaines traversent les siècles sans perdre de leur force. Parmi elles, la légende de Tristan et Iseut demeure l’un des récits les plus universels de la littérature occidentale. Entre passion, destin, loyauté et tragédie, cette œuvre fondatrice continue de fasciner les générations. À l’occasion du Festival Off d’Avignon 2026, la Compagnie du Vent Contraire propose une nouvelle adaptation de ce mythe intemporel au Théâtre de la Nouvelle Étincelle. Mise en scène par Maëlys Simbozel, cette création revisite la célèbre légende médiévale à travers une approche sensible, contemporaine et profondément humaine.
L’histoire est connue mais conserve intact son pouvoir d’émotion. Tristan, jeune chevalier admiré pour son courage, part chercher Iseut afin qu’elle épouse son oncle, le roi Marc de Cornouailles. Pourtant, lors du voyage qui doit les conduire vers leur destinée, les deux jeunes gens boivent accidentellement un philtre d’amour. Dès lors, leur existence bascule. Liés par un sentiment impossible à maîtriser, ils s’aiment malgré les interdits, les conventions et les dangers qui les entourent. Leur passion les entraîne dans une fuite permanente entre forêt, mer et royaumes ennemis, jusqu’à une issue tragique qui a contribué à faire de leur histoire l’un des plus grands mythes amoureux de tous les temps. Plutôt que de proposer une reconstitution historique, Maëlys Simbozel choisit de faire de Tristan et Iseut un véritable conte moderne.
La metteuse en scène s’inspire des versions médiévales de Béroul, Thomas ou encore Joseph Bédier, tout en développant une écriture plus proche des sensibilités contemporaines. Le spectacle conserve ainsi la magie du récit originel tout en offrant une lecture actuelle des personnages et de leurs enjeux.
Cette adaptation met notamment en lumière la figure d’Iseut, souvent reléguée au second plan dans certaines versions de la légende. Ici, son regard, ses choix et son parcours occupent une place centrale. La parole féminine devient un fil conducteur qui donne une nouvelle profondeur au récit. À travers cette approche, le spectacle interroge subtilement les notions de liberté, de fidélité, de désir et de transmission.




(c) Paul Berardi
Un voyage entre rêve et merveilleux
Dès les premières minutes, le spectateur est invité à entrer dans un univers où le réel côtoie constamment l’imaginaire. La mer, omniprésente dans la légende, devient un personnage à part entière. Les légendes celtiques, la forêt mystérieuse, les fées et les forces invisibles nourrissent un imaginaire poétique qui rappelle les grands récits fondateurs. Pour servir cette atmosphère onirique, la mise en scène privilégie l’évocation plutôt que la démonstration. Les jeux de lumière dessinent les paysages, les voiles se transforment tour à tour en bateau, en palais ou en frontière entre les mondes. La scénographie volontairement épurée laisse ainsi toute la place à l’imagination du spectateur.
Une création portée par six comédiens
Sur scène, six interprètes donnent vie à une galerie de personnages qui peuplent cette fresque romanesque. Aux côtés de Maëlys Simbozel et Floriane Delahousse, on retrouve Lubin Labadie dans le rôle de Tristan, François Marion dans celui du roi Marc, Aurélien Lejeune en Frocin et Juliette Maurice qui incarne notamment la Fée. Leur jeu alterne narration, incarnation et adresse directe au public, créant une proximité qui rappelle l’origine orale de la légende. Cette volonté de raconter avant tout une histoire constitue l’une des grandes forces du spectacle. Le théâtre retrouve ici sa fonction première : transmettre, rassembler et faire voyager.
La création musicale occupe également une place essentielle. Des sonorités inspirées des traditions celtiques rencontrent des arrangements plus contemporains. Les chants gaéliques, les instruments acoustiques et les textures électroniques composent un paysage sonore immersif qui accompagne les personnages dans leurs errances. Cette alliance entre tradition et modernité participe pleinement à l’identité du spectacle.
Un théâtre qui rassemble les générations
Accessible dès huit ans, Tristan et Iseut s’adresse autant aux amateurs de littérature médiévale qu’aux familles ou aux spectateurs découvrant l’histoire pour la première fois. La Compagnie du Vent Contraire revendique d’ailleurs un théâtre de transmission et d’émancipation. À travers ses créations, elle cherche à créer des espaces de dialogue, d’imagination et de réflexion collective. Dans cette adaptation, la célèbre légende devient alors bien plus qu’une histoire d’amour tragique. Elle se transforme en une réflexion universelle sur les choix que nous faisons, les liens qui nous unissent et la mémoire des récits qui traversent les siècles. À l’heure où notre société cherche de nouveaux repères, Tristan et Iseut rappelle que les grandes histoires continuent de nous parler parce qu’elles racontent, avant tout, ce qui demeure profondément humain.
Informations pratiques
Tristan et Iseut
Texte et mise en scène : Maëlys Simbozel
Théâtre de la Nouvelle Étincelle – Festival Off d’Avignon 2026
Du 4 au 25 juillet 2026
14h50
Durée : 1h15
À partir de 8 ans
Découvrez notre agence de communication.
Nicolas Lopez.

