La Fondation Thalie poursuit son engagement en faveur de l’art contemporain, du design et des enjeux écologiques avec une nouvelle exposition estivale particulièrement inspirante. Intitulée « Tisser les imaginaires », cette proposition artistique invite les visiteurs à redécouvrir le textile comme un langage universel. Ce dernier est ici capable de raconter les paysages, de préserver les savoir-faire et d’imaginer les futurs possibles. Présentée du 7 au 31 juillet 2026, cette exposition s’impose comme l’un des rendez-vous culturels incontournables des Rencontres de la Photographie d’Arles.
Installée dans l’espace arlésien de la Collection Thalie, à quelques mètres des célèbres Arènes d’Arles, l’exposition réunit plusieurs artistes, designers et artisans autour d’une même conviction. En effet, les matières naturelles, les gestes ancestraux et la création contemporaine possèdent encore le pouvoir de transformer notre manière d’habiter le monde. À travers « Tisser les imaginaires », la Fondation Thalie dépasse largement l’univers de la mode ou de la décoration. Ici, le textile devient une véritable pensée en mouvement.
Le mot « textile » partage d’ailleurs la même origine que le mot « texte ». Tous deux viennent du latin texere, qui signifie « tisser » ou « entrelacer ». Cette étymologie sert de fil conducteur à toute l’exposition. Les fibres, les fils, les tissus, les broderies ou encore la vannerie deviennent autant de récits capables de transmettre une mémoire, une culture et une relation sensible avec la nature. Cette réflexion prend une résonance particulière à une époque où les savoir-faire artisanaux disparaissent progressivement. L’exposition démontre que créer un objet n’est jamais un simple acte technique : c’est aussi préserver une histoire et construire un avenir.




Une rencontre entre art, design et artisanat
La grande originalité de cette exposition réside dans son dialogue entre les œuvres de la Collection Thalie et le travail du studio bruxellois ALEOR Design, spécialisé dans le design biosourcé.
En résidence en Camargue, le designer Leo Orta explore les ressources naturelles du territoire afin de réinventer la vannerie traditionnelle. À partir de matériaux locaux comme la canne de Provence, il imagine une série de luminaires et d’objets qui rendent hommage aux gestes oubliés. L’artiste propos ainsi une vision résolument contemporaine du design. Son travail illustre parfaitement l’ambition de l’exposition, c’est-à-dire créer un pont entre patrimoine, innovation et écologie. Cette démarche rappelle que le design peut devenir un outil de transmission autant qu’un laboratoire d’idées.
Des artistes qui réinventent la matière
L’exposition rassemble de nombreuses figures majeures de la scène artistique internationale. Par exemple, l’artiste Sheila Hicks. Mondialement reconnue pour ses recherches, l’artiste travaille autour de la fibre textile. Elle dialogue également avec les compositions sculpturales de Simone Pheulpin, dont les reliefs de coton évoquent des paysages minéraux façonnés par le temps.
Par ailleurs, les œuvres d’Eva Jospin, réalisées entre broderie, carton sculpté et architecture végétale, prolongent cette réflexion sur les liens entre nature et mémoire.
Le visiteur découvre aussi les créations sensibles de Junko Oki, qui redonne vie à d’anciens textiles grâce à une broderie lente et méditative, ou encore celles d’Asemahle Ntlonti, qui transmet l’héritage des femmes Xhosa d’Afrique du Sud à travers le tissage.
À leurs côtés figurent notamment Caroline Achaintre, Kiki Smith, Lucy et Jorge Orta, Edith Dekyndt, Ilanit Illouz, Amina Agueznay, Georges Tony Stoll, Rosana Escobar, Diana Scherer ou encore Max Funkat, chacun développant une approche singulière de la matière, du paysage et de la mémoire.




Une exposition profondément écologique
Au-delà de l’esthétique, « Tisser les imaginaires » porte un véritable message écologique. En effet, les artistes observent le vivant, collectent des fibres naturelles, travaillent avec des matériaux locaux ou recyclés et interrogent les relations entre l’homme et son environnement. La nature n’est jamais considérée comme une simple ressource, mais comme un partenaire avec lequel il devient nécessaire de renouer un dialogue. Cette approche rejoint les grandes préoccupations contemporaines autour de la transition écologique, de l’économie circulaire et du design durable. L’exposition rappelle que les solutions de demain se trouvent parfois dans des gestes très anciens.
En parcourant les différentes salles, le visiteur est invité à ralentir son regard. Chaque œuvre demande du temps. Le temps du geste, celui de la répétition, de la patience et de la contemplation. Dans une société dominée par l’immédiateté, cette lenteur devient presque un acte de résistance. La Fondation Thalie réussit ainsi à proposer une expérience immersive où l’art contemporain dialogue naturellement avec les paysages camarguais et les savoir-faire artisanaux.
La Fondation Thalie, un acteur majeur de l’art contemporain
Depuis plusieurs années, la Fondation Thalie développe un projet culturel ambitieux qui associe art contemporain, design, écologie et innovation sociale. Après avoir présenté de nombreuses expositions à Bruxelles, elle poursuit désormais son ancrage estival à Arles en mettant en lumière des artistes internationaux dont les pratiques interrogent notre rapport au vivant. Avec « Tisser les imaginaires », elle confirme sa volonté de faire dialoguer création contemporaine, artisanat et territoire dans une exposition aussi exigeante que profondément accessible.




Informations pratiques
Exposition : Tisser les imaginaires
Lieu : Fondation Thalie – 34 rue de l’Amphithéâtre, 13200 Arles
Dates : du 7 au 31 juillet 2026
Horaires : du mardi au samedi, de 11 h à 18 h
Entrée : gratuite pendant la semaine professionnelle des Rencontres de la Photographie, puis 5 € (tarif réduit : 4 €, gratuit pour les étudiants, les moins de 12 ans, les détenteurs de la carte ICOM et la presse). Des visites commentées sont également proposées chaque mercredi et samedi.
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Nicolas Lopez.

