La fille de Tipaza, la céramique artistique

Céramiste installée dans son atelier de l’Estaque à Marseille, Delphine Picard façonne depuis quinze ans des pièces uniques sous le nom de La Fille de Tipaza. Un nom, une démarche et une œuvre tout entière tournée vers la Méditerranée, entre matière, poésie et mémoire littéraire.

Tout commence lors d’une soirée entre amis, autour de la littérature. Delphine découvre alors Noces, le recueil d’essais qu’Albert Camus publie en 1938, et tombe sur un passage consacré aux « noces de la fille de Tipaza ». Ce texte, véritable ode à la nature et à la ferveur de vivre entre les rues d’Alger et de Florence, la bouleverse profondément. « J’ai eu un énorme coup de cœur pour ce livre. Il exprime d’une manière puissante ce que l’on ressent près de la mer Méditerranée », confie-t-elle. Ce coup de cœur devient le point de départ de toute son identité artistique. La céramiste emprunte ainsi son nom à Camus, et construit depuis une œuvre directement irriguée par ce texte fondateur.

Dans son atelier, chaque pièce naît d’une expérience corporelle du paysage méditerranéen : la lumière, le sel, la chaleur des ruelles ocre, l’eau. Amphores, vases et cruches d’eau évoquent des objets d’un autre temps, comme abandonnés sur une table après un long repas face à la mer. Insaisissables et singulières, les céramiques de Delphine jouent avec l’ocre, le blanc et le bleu menthe à l’eau, dans une célébration constante de la féminité et des éléments naturels.

Des inspirations entre littérature, mode et photographie

Au-delà de Camus, Delphine puise son inspiration auprès de plusieurs figures marquantes de la culture méditerranéenne. Elle cite notamment le créateur Simon Jacquemus, pour son hommage permanent au sud de la France et son défilé Santons de Provence au Mucem. Le peintre Nicolas de Staël l’inspire également, pour la lumière et les couleurs de sa période provençale. Puis, le photographe Lucien Clergue, pour la sensualité de ses nus féminins photographiés sur le sable. Enfin, l’actrice Maïwenn la touche par son mélange de force et de douceur, et sa quête permanente d’identité.

Depuis ses débuts, Delphine Picard multiplie les expositions collectives autour du bassin méditerranéen. Après Au dép[art] et Quand on arrive en ville, présentées à la Galerie Nea à Aix-en-Provence, elle participe aux deux volets de l’exposition Les partisan.e.s, à l’annexe du Bunker des Calanques à Marseille, avec notamment la réalisation de l’œuvre Sculpture Solaire puis de l’œuvre Phénix, en collaboration avec d’autres artistes.

Plus récemment, elle expose Le Chant des Vestiges chez Archik Marseille, aux côtés d’une designer textile et d’une poétesse. Ensuite, elle présente Le Soleil Bleu Savait Tout en juin 2026 à LDG Art & Patrimoine, à Toulouse. Cette fois elle dialogue avec une photographe. Un parcours qui confirme, exposition après exposition, l’ancrage de son travail dans le dialogue entre les disciplines artistiques.

Ses adresses méditerranéennes favorites

L’ensemble des pièces de La Fille de Tipaza, toutes réalisées à la main dans son atelier marseillais, se découvre désormais sur son site officiel, lafilledetipaza.fr, ainsi que sur son compte Instagram @lafilledetipaza. Chaque création étant unique, Delphine invite les personnes intéressées à la contacter directement pour tout projet.

© La Chambre Ichtus

Les personnes qui l’inspirent le plus

  • D’abord, l’écrivain ALBERT CAMUS : pour son lien charnel, affectif et spirituel qui l’unit à la Méditerranée. Cela s’exprime dans son recueil d’essais à caractère autobiographique, Noces. Camus y célèbre son propre accomplissement dans son union avec la mer, le vent, le soleil, la terre, les couleurs et les parfums. Il écrira « il me faut être nu et puis plonger dans la mer, encore tout parfumé des essences de la terre, laver celles-ci dans celles-là et nouer sur ma peau l’étreinte par laquelle soupirent lèvres à lèvres depuis si longtemps la terre et la mer. »
  • Le créateur SIMON JACQUEMUS : pour son désir d’hommage permanent à son sud natal et particulièrement son défilé Santons de Provence, au Mucem. Poésie, grâce, élégance, beauté de ses mannequins défilant sur la passerelle du Mucem. En fond sonore la musique du film Jean de Florette. Tout simplement sublime !
  • Ensuite, le peintre NICOLAS de STAËL : pour la lumière, les couleurs, les paysages méditerranéens qu’il retranscrit dans ses tableaux lors de sa « période provençale ». Pour son goût immodéré de la nage. Il écrira lors de son voyage en Sicile essentiellement dédiée à la nage qu’il la pratique non comme un loisir, mais tel un exercice existentiel témoignant mieux que tout autre de sa relation au monde. 
  • Le photographe LUCIEN CLERGUE : pour le langage charnel de ses photos de nus féminins desquelles se dégagent une sensualité et un désir intenses.
  • Enfin, l’actrice MAIWENN : pour son mélange de force et de douceur, sa liberté, son désir de recherche d’identité.

Ses adresses favorites :

  • LA KIMA à Sanary/mer. Pour ses airs de crique sauvage grecque.
  • CAFÉ de L’ORMEAU à Ramatuelle. Pour ses délicieux et copieux petits-déj’ sous une tonnelle de verdure. Une fois installés, on ne veut plus en partir !
  • LA FONDATION CARMIGNAC à Porquerolles. Pour la beauté et le calme. Ce lieu, dédié à l’art. Il baigne dans une nature offre une visite pieds nus, les sens pleinement en éveil.
  • LE MANOIR à Port-Cros.
  • CIEL à Marseille. Pour cette vue époustouflante sur les toits de la ville. Cette lumière changeante au fil de la journée et ce si bon goût d’Italie dans la bouche !

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Nicolas Lopez.

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