Les Herbes Folles, la conserverie Anti-Gaspi située à Roure

Charlaine ouvre sa conserverie, qu’elle intitule Les Herbes Folles à Roure, et y présente un concept singulier. En effet, l’idée est de proposer des conserves artisanales et engagées, tout en mettant en lumière les plantes, fruits et légumes bios de maraîchers.

Plantes, fruits et légumes considérés comme invendables ou mis en avant pour leur aspect écologique, Charlaine place ses valeurs au cœur de son entreprise. Située à Roure, dans le 06, la jeune femme souhaite véhiculer des principes forts autour du bien-manger et de l’écologie. Ses connaissances des plantes et du monde maraîcher lui permettent d’avoir une conscience éclairée. De ce fait, elle ne laisse rien au hasard. Lieux protégés, informations sur les pratiques agricoles, saisonnalité, circuit court… Tout est pensé pour que les produits soient respectés jusqu’à leur achat par les consommateurs. Un profond amour de la nature la guide au quotidien, favorisant ainsi le développement de son entreprise de manière vertueuse. Respect de l’environnement et consommation durable sont les leitmotivs des Herbes Folles.

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1. Quelles sont les plantes sauvages que vous cueillez et comment vous assurez-vous de leur récolte durable et respectueuse de l’environnement ?

Je cueille une vingtaine de plantes herbacées et une dizaine de fruits poussant en milieu sauvage. Ma cueillette s’effectue dans un esprit de préservation de la diversité écologique. En effet, j’identifie et respecte les espèces rares ou fragiles. Je veille également à laisser suffisamment de plantes pour assurer la conservation et la reproduction de chaque espèce récoltée.

Ces plantes sont exclusivement cueillies en milieu sauvage autour de Roure. Je sélectionne soigneusement mes sites de cueillette dans des lieux protégés par le relief et la forêt. Ces derniers sont à l’écart des sources majeures de pollution et des cultures conventionnelles.

Je bénéficie d’autorisations officielles de cueillette et assure une traçabilité grâce à la marque Esprit Parc National Mercantour, qui me permet d’estampiller mes produits. De plus, j’ai une convention de cueillette avec l’Association Foncière Pastorale (AFP) du village de Roure ainsi que des accords avec des propriétaires privés.

Dans une démarche responsable, je tiens un cahier des récoltes précisant la localisation, les dates et les quantités prélevées. Pour le transport des plantes et fruits, j’utilise uniquement des contenants fabriqués à partir de matières naturelles. Par exemple, paniers en osier, tissus en coton, sacs en papier, caisses et cagettes en bois. La récolte est réalisée exclusivement à la main, à l’aide d’outils propres et non mécanisés tels que le sécateur et la faucille.

2. Comment vos conserves aident-elles à réduire le gaspillage alimentaire tout en soutenant les producteurs locaux ?

Je transforme et valorise des produits bruts : fruits et légumes écartés de la vente — moches, difformes, hors calibres, cabossés ou en surproduction — achetés auprès de maraîchers locaux en agriculture biologique situés jusqu’à 70 km de l’atelier de transformation. L’objectif est de limiter les pertes à la source de la production. Je travaille avec sept maraîchers-producteurs locaux en agriculture biologique pour leur apporter un revenu supplémentaire et un débouché responsable pour leurs surplus, déclassés ou hors calibres. Je récolte également des fruits non récoltés et oubliés dans les jardins et vergers privés non traités, avec l’accord des propriétaires.

3. En quoi le fait de travailler avec des produits bio et locaux impacte-t-il positivement l’environnement ?

Travailler avec des produits biologiques signifie l’absence de pesticides. Ceci permet de préserver la qualité des sols et des écosystèmes environnants. En respectant la saisonnalité et en favorisant une production à petite échelle, je limite le gaspillage et adopte une démarche zéro déchet. Je cueille et transforme exclusivement en fonction des saisons. Je respecte ainsi les cycles naturels et garantis une diversité de produits tout au long de l’année, tout en préservant l’équilibre des écosystèmes.

De plus, en commercialisant mes conserves uniquement à l’échelle locale, je réduis considérablement mon empreinte carbone en limitant les transports et en soutenant une économie de proximité. Cette approche contribue à un modèle de consommation durable et respectueux de l’environnement. En travaillant à petite échelle et en m’adaptant aux ressources disponibles, je veille à respecter les milieux sauvages et à ce que chaque récolte soit réalisée dans le plus grand respect de la nature.

4. Que faites-vous pour minimiser votre impact écologique lors de la fabrication et de l’emballage de vos conserves ?

Je transforme et valorise exclusivement des produits végétaux en bocaux, en y intégrant des matières premières biologiques et équitables. En effet, je les achete auprès de fournisseurs français labellisés bio et engagés dans une démarche responsable. Mes épices proviennent de productions familiales et de commerce équitable, avec un transport par cargo et un approvisionnement en vrac afin de limiter l’empreinte carbone.

Pour l’emballage, je privilégie des matériaux durables. Par exemple, des étiquettes et flyers fabriqués dans la Drôme à partir de papier recyclé et de colle hydrosoluble. J’utilise uniquement des bocaux en verre réutilisables et du carton recyclé pour le conditionnement.

Afin de minimiser les déchets, les résidus organiques sont soit réutilisés dans d’autres préparations culinaires, soit intégrés à des ateliers de sensibilisation au gaspillage alimentaire, au compostage ou au paillage direct dans les jardins de paysans locaux. De plus, je sensibilise mes distributeurs et clients à rapporter les bocaux vides et propres dans certains points de vente afin de favoriser le réemploi.

Ma production est réalisée à petite échelle, avec des produits frais, au sein d’un laboratoire de transformation collectif situé à Isola Village. Créé par l’Association Foncière Agricole (AFA), ce laboratoire partagé permet d’optimiser l’espace et les ressources en mutualisant les infrastructures avec d’autres producteurs locaux.

5. Comment sensibilisez-vous vos clients à l’importance de consommer de manière plus responsable et locale ?

Je sensibilise mes clients à l’importance d’une alimentation plus responsable à travers la consommation de mes conserves engagées et lors d’ateliers pratiques. J’organise des ateliers de cuisine dédiés à la cuisine végétale. J’y enseigne les bases de la conserverie artisanale et la réduction du gaspillage alimentaire.

En réalité, ces ateliers permettent d’apprendre à cuisiner avec des produits locaux et de saison. Ils permettent aussi d’apprendre à mieux conserver les aliments pour éviter le gaspillage et à adopter des gestes simples pour une consommation plus durable. Ils visent à promouvoir une forme d’autonomie en préparant des conserves maison. Mon objectif est de transmettre des savoir-faire accessibles à tous, tout en valorisant les ressources naturelles et locales.

6. Quelles actions concrètes prenez-vous pour préserver la nature et encourager une agriculture plus durable ?

Les valeurs écologiques et engagées sont au cœur de mon métier. Pour préserver la nature et encourager une agriculture plus durable, je privilégie la cueillette en milieu sauvage raisonnée, respectant la biodiversité et les cycles naturels. Je travaille exclusivement avec des matières premières biologiques, locales et équitables, en soutenant des producteurs engagés dans des pratiques respectueuses de l’environnement.

De surcroit, j’adopte une démarche zéro déchet en optimisant l’utilisation des ressources, en valorisant les déchets organiques et en favorisant le réemploi des emballages en verre. J’anime également des ateliers de sensibilisation pour transmettre ces pratiques et encourager une consommation plus responsable.

Chaque action, de la récolte à la transformation, est pensée pour minimiser mon empreinte écologique et promouvoir un modèle alimentaire durable.

7. Ichtus Magazine est un magazine web spirituel. Quelle est votre définition de la spiritualité ?

Pour moi, la spiritualité est une quête intérieure, un chemin personnel de recherche de sens et de connexion. Elle invite à se relier à son être profond, aux autres, à l’ensemble du vivant et à ce qui nous dépasse. C’est un équilibre entre l’introspection et l’ouverture au monde. Enfin, selon moi, il s’agit d’une manière de cultiver l’harmonie et la conscience dans notre relation à la nature et à la vie.

8. Quelles sont vos 5 adresses favorites ?
  1. Arboretum de Roure, lieu insolite et perché entre 1200 et 1500 mètres. C’est le premier arboretum d’altitude des Alpes-Maritimes et le seul d’Europe à être lié à l’Art et l’Arbre.
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  2. Pompon Boulangerie, une néo-boulangerie dans le quartier de Riquier à Nice ! Déborah et Jonathan se sont reconvertis dans l’art du pain. Ils proposent des produits bio, bons, artisanaux, de saison et du coin ! Le tout façonné avec des farines anciennes bio et du levain.
    Pompon Boulangerie Instagram
  3. Le Pain des Sens, la boulangerie à Vence. Ouvert en mai 2023 par Céline et Kevin, deux voisins trentenaires en quête de sens, passionnés par l’alchimie du levain !
    Le Pain des Sens Instagram
  4. La Traverse à Vence. C’est un bar associatif, un café culturel, un café poussette…
    La Traverse à Vence Instagram
  5. La Vieille Ferme de Grasse à Grasse. Priscilla et Lorenzo vous accueillent dans leur maison d’hôtes écologique. Ils travaillent avec des producteurs et artisans locaux. Goûtez à la délicieuse cuisine de Priscilla, blogueuse culinaire et cheffe pâtissière. Elle utilise des produits frais, biologiques, locaux et de saison. Ateliers de cuisine recommandés !
    La Vieille Ferme de Grasse Instagram

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Nicolas Lopez.

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