Nicolas Veidig-Favarel, un regard méditerranéen depuis Marseille

Nicolas Veidig-Favarel est le fondateur de Double V Gallery, il est l’un de ces passionnés que nous suivons de près, tant son travail contribue à dessiner un paysage artistique méditerranéen riche et en perpétuelle évolution.

Marseille rayonne par sa générosité, au sens le plus large du terme. Elle offre un territoire d’expression sans limites, où la mode, l’art et la culture s’épanouissent grâce à celles et ceux qui en font une citadelle vivante, complexe et plurielle. C’est au 28 rue Saint-Jacques, dans le 6e arrondissement de Marseille, au cœur de sa galerie baignée de lumière, que nous échangeons avec lui.

La conversation s’articule naturellement autour de l’art, bien sûr, en particulier de l’art méditerranéen, mais aussi de Marseille, de son identité hybride et fascinante, des rêves qui y naissent, et de la manière dont la création perdure, même en temps de crise sanitaire. Nicolas partage avec sincérité sa vision d’un art engagé, en mouvement, profondément ancré dans son époque tout en étant libre des contraintes du marché. Dans ce lieu qui lui ressemble, à la fois sobre et vibrant, il continue de défendre des artistes singuliers, porteurs de récits forts et ancrés dans le réel.

Présente-toi en quelques lignes ? 

Nicolas Veidig-Favarel

Je m’appelle Nicolas Veidig-Favarel, j’ai 30 ans et je suis le directeur de la Double V Gallery à Marseille. Installée depuis bientôt 4 ans, elle représente la nouvelle scène française et internationale ici sur notre territoire et puis aussi à Paris et à l’étranger. 

Quel est le concept de Double V Gallery ?

Nicolas Veidig-Favarel

Le concept c’est de créer un rapport et un lien entre un artiste et un galeriste d’une même génération, mais aussi un collectionneur puisqu’il s’agit d’une aventure collective où chacun à un rôle et presque une responsabilité pour accompagner un artiste dans son développement. C’est une aventure qui devient presque amicale, familiale tout en restant évidemment professionnelle. Il s’agit de faire le chemin ensemble le plus longtemps possible. L’idée est également de construire une galerie prospective. Cela signifie que la galerie va chercher les artistes au début de leur carrière pour les accompagner dans leur développement dès le départ. À ses débuts, l’artiste ne peut pas forcément s’appuyer ou se rattacher à la valeur du marché pour convaincre ses futurs clients et collectionneurs. 

Il ne peut se baser que sur son talent et la qualité de son travail prometteur pour la suite, donc c’est vraiment un engagement et un risque permanent, mais c’est aussi ce qui est très excitant.

Quels sont les artistes à venir dans la galerie ? 

Nicolas Veidig-Favarel

Florent Groc en janvier 2021. il s’agit d’un artiste que je suis depuis le début. Il aura carte blanche. 

Que dirais-tu de la position de l’art à Marseille ? 

Nicolas Veidig-Favarel

Je dirais que Marseille est un territoire extrêmement fertile pour la création. C’est une ville qui accueille et qui attire de plus en plus d’artistes et de créatifs au sens large parce que la vie est douce, la nature nous entoure. Beaucoup de choses d’éléments humains et sociaux sont réunies pour attirer les artistes. 

En France le milieu et le marché de l’art sont centralisés à Paris donc c’est difficile de contourner la ville ou de ne pas y passer pour travailler efficacement. Marseille est un peu en second plan, comme d’ailleurs toutes les autres villes de France. 

Elle est quand même pour moi un aimant de plus en plus attractif pour les acteurs du milieu de l’art. Cette ville et puis le sud aussi au sens large. Je vous invite à regarder ceux qui composent le réseau plein sud du milieu de l’art. 

Chaque été, notre territoire attire de plus en plus de visiteurs intéressés par l’art, de Montpellier jusqu’à Monaco, en passant par Marseille, Hyères, Porquerolles toutes les villes qui vont ponctuer ce chemin jusqu’à la Côte d’Azur.

Nous sommes dans une année extrêmement particulières, comment l’as-tu vécu ? 

Nicolas Veidig-Favarel

Cette année de crise est arrivée à un moment de développement important pour la galerie. Elle nous a permis de nous concentrer sur des missions de fond qu’on ne prend pas toujours le temps de traiter ou d’étudier quand on est emporté par le quotidien et toutes les missions qui nous tombent dessus. Elle a permis aussi de se reconcentrer sur nos missions phares, sur nos stratégies et la façon dont on veut se développer à l’avenir. Pour le reste, évidemment on a dû accentuer notre travail digital, mais aussi réapprendre à faire attention à ce qu’il se passe au niveau local, avec notre environnement, notre réseau et les personnes qui nous suivent ici. Il a fallu également poursuivre comme ça le tissage de lien avec des collectionneurs, des visiteurs éclairés ou des amateurs sur notre territoire. 

Par exemple, l’exposition qui a été ouverte après le confinement de Maximilien Pellet a vu ses œuvres céder à des collectionneurs locaux. C’est très positif parce que souvent on dit qu’à Marseille, il se passe très peu de choses d’un point de vue du marché de l’art. Accentuer le travail digital, renforcer les liens sur le territoire local et sinon se concentrer sur les nouvelles missions à venir.

As-tu d’autres rêves ou projet pour les prochaines années mis à part Double V Gallery ? 

Nicolas Veidig-Favarel

Beaucoup, beaucoup… D’abord c’est évidemment l’envie de continuer à grandir avec mes artistes et de les exposer dans des conditions de plus en plus précieuses, que ce soit dans l’espace de la galerie à Marseille bien sûr à Paris bientôt, j’espère. Ensuite, dans des contextes de salons et de foires qui sont vraiment les éléments qui rythment le calendrier du marché de l’art mondial, mis à mal par le Coronavirus, et qui ont tous été reportés vers des formats digitaux. Lorsque cela va reprendre, mon rêve, est d’emmener les artistes à Art Basel à Bâle, mais aussi à Art Basel Miami qui sont les plus grandes foires du monde. Le chemin reste assez long encore pour y arriver, mais c’est mon objectif.

Que dirais-tu à nos lecteurs qui veulent réaliser leurs rêves ?

Nicolas Veidig-Favarel

Déjà de trouver son rêve. Avant de savoir ce que l’on veut faire, il faut savoir ce que l’on ne veut pas faire. Donc, procéder par élimination en enchaînant des expériences variées. Il ne faut pas baisser les bras, il faut saisir chaque opportunité. Être dans un état d’esprit qui permet de provoquer des rencontres déterminantes. Je pense que ce n’est qu’une question de rencontres concernant ce qui peut nous arriver dans notre vie. C’est là où le Corona est dur parce que cela nous empêche de nous rencontrer, de nous côtoyer. 

Je pense que c’est vraiment l’humain uniquement qui nous permet de franchir des étapes et d’arriver donc à réaliser ses rêves. Également de rester en éveil, de travailler et de se donner les moyens de faire les bonnes rencontres.

Les 5 adresses marseillaises dont tu ne peux pas te passer ?

Nicolas Veidig-Favarel

  • Les Majuscules, antiquaires, encadreurs, marchands de tableaux. 30 rue Saint-Jacques, 13 006, Marseille
  • Relax Factory : tapissier, mobilier design et restauration de sièges et décors. 16 rue Fort Notre-Dame 13007 Marseille
  • Kokanas : nouvelle galerie d’art. 53 Chemin du Vallon de l’Oriol, 13 007, Marseille, France
  • Ad Interior : mobilier design et solutions d’aménagements pour vos intérieurs. 14 rue Edmond Rostand, 13006 Marseille
  • Julie Pailhas, Objets inanimés : Uniquement à retrouver sur son site (en construction) : des objets d’arts, œuvres d’art, mobilier et design

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Nicolas Lopez

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