Le monde du vin touché par la hausse des températures s’exprime

La hausse des températures et les dérèglements climatiques impactent les industries agroalimentaires, notamment la sphère liée à l’œnologie. MPG Media Club, initié par Marseille Provence Gastronomie et Provence Tourisme, réunit plusieurs acteurs majeurs du monde du vin afin de leur donner la parole au sein du nouveau restaurant marseillais Les Rigoles.

Les domaines de vin en Provence semblent être sur la sellette depuis quelques années à propos de leur récolte. En effet, la hausse des températures, mais aussi les récents gels, notamment celui du 25 avril 2024, ne les épargnent pas. Phanette Double, gérante du Château de Beaupré, Yannick Burles, gérant du Domaine des Masques, puis Jean-Jacques Balikian, directeur de l’association des Vignerons de Sainte-Victoire et Romain Llobet, co-fondateur de la cave marseillaise Bibine Club, témoignent de leurs expériences.

En effet, le parti pris commun de ces professionnels est d’orienter leur production dans le respect du sol afin que les produits puissent refléter leurs valeurs et leur désir de façonner des breuvages qualitatifs. Ce respect passe donc par une agriculture biologique, mais aussi une responsabilité à propos de l’utilisation de l’eau. La question des ressources et idées à mettre en place pour prendre soin de la vigne est donc un sujet brûlant. Car, finalement, comment proposer un produit bon et sain si la terre n’est pas respectée ? Comment ne pas parler de la main-d’œuvre, de la fabrication, de l’élevage et du conditionnement, ou encore de la commercialisation sans fixer des prix parfois ahurissants afin d’être rentables ? Parce que, la méthode de production en agriculture biologique nécessite plus d’attention, de temps et de soin.

Certains consommateurs s’étonnent des prix de nos nectars, car souvent une bouteille coûte environ 10 euros, voire plus. Mais c’est le prix d’un produit à qui une attention singulière a été donnée parce qu’il est bio, naturel et vivant.

Romain Llobet

La question à se poser est : demain y aura-t-il encore du vin sur nos tables ?

Le réchauffement climatique modifie notre façon de consommer. Repenser les anciens systèmes devient donc une priorité. C’est pourquoi la solidarité en tant qu’état d’esprit est vitale. L’idée est de travailler ensemble afin que l’aide que nous pouvons nous apporter les uns aux autres puisse avoir un impact significatif. D’ailleurs, Phanette le confirme puisqu’elle fait partie d’une association qui va dans ce sens. En effet, Rouge Provence permet aux vignerons provençaux qui subissent des pertes à cause du dérèglement climatique de piocher quelques gallons chez le voisin histoire de ne pas tout perdre.

Cette initiative solidaire favorise l’échange, l’entraide, et est une solution positive à court terme pour de nombreux vignerons. Pour conclure, il est important que les habitudes de consommation et de production changent afin de s’adapter au nouveau climat qui s’est mis en place. La responsabilité des consommateurs est d’orienter leurs achats vers des aliments et des boissons façonnés dans les règles de l’art. Tandis que, la responsabilité des producteurs est de créer leurs produits en respectant au maximum la nature et son rythme, quitte à perdre du rendement. Est-ce une option ?

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Nicolas Lopez

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