Cuisine & Photographie, dialogue à quatre mains

Une rencontre singulière prend vie a Paris, au 51 rue Blanche. En effet, la troisième résidence imaginée par Hugo Ouanounou réunit la cuisine et la photographie dans un dialogue sensible. D’un côté, un chef de la nouvelle génération. De l’autre, l’univers intime d’Eric Outhenin Chalandre. Ensemble, ils racontent une histoire d’émotion et de transmission.

D’abord, il y a Hugo Ouanounou. Passionné depuis l’enfance, il découvre sa vocation à huit ans. Très vite, il se forme à l’école Ferrandi Paris, puis affirme sa trajectoire. Sa rencontre avec Frédéric Anton marque un tournant décisif. Il passe deux années au Pré Catelan, avant de rejoindre l’équipe du Jules Verne. Ensuite, il participe au lancement de la Ferme du Pré Catelan au Bois de Boulogne, ce qui lui permet d’apprendre la rigueur a chaque étape, mais surtout, d’affirmer sa voix.

Cependant, Hugo refuse les étiquettes. Gastronomique, bistrot ou street food : il ne choisit pas, il explore. Sa cuisine se nourrit d’art contemporain, de musique, de cinéma ou encore de voyage. Les influences asiatiques s’invitent dans ses assiettes, tandis que le sumac dialogue avec le citron Beldi. Les algues kombu apportent profondeur et tension. Ainsi, chaque plat devient un récit. Chaque bouchée évoque un souvenir, une escale, une émotion. Aujourd’hui, il propose un menu dégustation en cinq temps avec accords mets et vins ou mets et thés afin de prolonger l’expérience. À la carte, les propositions varient selon la saison et l’inspiration, pourtant, au-delà des formules, c’est l’intention qui compte. Hugo cuisine au présent et compose comme on écrit une partition, avec nuance et sincérité.

©️ Jeanne Delage

Face à Hugo Ouanounou, l’œuvre d’Eric Outhenin Chalandre s’impose avec pudeur.

Né à Paris en 1963, le photographe développe très tôt un regard humaniste et se forme auprès de Thierry Gaillet pendant cinq ans. Ce dernier lui apprend le cadre, la patience, la lumière. Ensuite, à 28 ans, il embarque avec les Croisières Paquet durant près de dix ans ou il parcourt le monde. Il photographie les paysages, mais surtout, il saisit des instants de vie. Puis, à quarante ans, il se recentre sur sa famille en continuant néanmoins de voyager. En Inde, en Chine, à Madagascar, il capture des portraits d’habitants. Les regards sont francs et racontent des existences entières. Plus tard, à Venise, il explore les reflets dans l’eau. Les lignes se brouillent. La réalité se dédouble. Ce thème devient une signature. Dans de nombreux ports, il poursuit cette recherche.

Pourtant, Eric Outhenin Chalandre n’expose jamais de son vivant, car décédé en 2021. Il laisse ainsi derriere lui une œuvre intime. Aujourd’hui, ses enfants portent cette première exposition et révèlent au public la sensibilité d’un artiste discret ou l’émotion est palpable. Chaque photographie devient un hommage.

Une résidence qui crée un pont entre deux univers à travers Rencontre Restaurant.

La cuisine répond à l’image et les textures des assiettes dialoguent avec les reflets photographiques. Le goût rencontre le regard et célèbrent le voyage, la mémoire et la transmission. Enfin, cette rencontre prend une dimension solidaire, car l’intégralité des fonds issus de la vente des œuvres est reversée au centre de recherche contre le cancer Gustave Roussy. Le geste est fort. Il donne du sens à l’événement. L’art et la gastronomie s’engagent. En définitive, cette résidence ne se contente pas de réunir un chef et un photographe. En réalité, elle raconte une histoire de passion, affirme une vision et invite à ressentir. Ici, au cœur de Paris, l’expérience est totale. On vient pour dîner. On repart touché.

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Nicolas Lopez.

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