Le domaine de la spiritualité est vaste et chacun se l’approprie comme bon lui semble. En ce qui concerne Ben Aguila, celle-ci s’exprime à travers différents statuts, notamment par son expérience en tant que pasteur, puis par son activité de youtubeur et de blogueur.
La souffrance et les épreuves font partie du quotidien de beaucoup d’entre nous. La souffrance fait partie de la vie et nous en venons souvent à nous demander : « Pourquoi ? Pourquoi Dieu permettrait-il la souffrance puisqu’il est bon ? ». La douleur se présente sous deux aspects différents. Il y a celle qui nous permet d’apprendre et de devenir ce à quoi nous sommes appelés. Et il y a celle qui est purement et simplement destructrice, celle qui essaie de nous empêcher d’entrer dans notre destinée. Ben est français, installé au Québec. Il vit sur la rive sud de Montréal depuis douze ans avec sa femme et ses trois enfants. Il a 39 ans.
Ben a d’abord travaillé en tant que chercheur en neurosciences en France, puis au Canada. Il s’agit d’une discipline scientifique liée au cerveau humain. Il a étudié les phénomènes de dépendance et d’addiction aux drogues. Puis, l’un de ses enfants est tombé gravement malade.
« La neuroscience n’a rien à voir avec la spiritualité. Quand on étudie le cerveau, on se rend compte qu’il y a un Créateur. Nous sommes dotés d’un ordinateur interne sophistiqué que nous n’arriverons jamais à comprendre dans sa totalité. C’est bouleversant d’ingéniosité. Le cerveau est le summum de la création de l’humanité, c’est le summum de ce que Dieu a accompli. Il y a un psaume qui dit combien les œuvres de Dieu sont magnifiques. La neuroscience est, pour moi, un moyen d’être confronté à la grandeur de Dieu. »
Ben nous raconte alors comment il en est arrivé à faire confiance en Dieu concernant la maladie de son fils. Il nous explique également comment il a réussi, grâce à la foi et à la médecine, à sortir de son état dépressif.
« Durant cette période, je me suis lié d’amitié avec mon pasteur, Claude Houde, pasteur de l’église Nouvelle Vie à Montréal. Pendant l’hospitalisation de mon garçon, il est venu à l’hôpital nous soutenir plusieurs fois durant cet enfer. Il m’a proposé de travailler avec lui comme assistant. J’ai dit oui. Il s’agissait à l’époque d’un tournant dans ma vie, avec un changement de carrière et de salaire. Néanmoins, je sentais réellement que c’était l’appel de Dieu sur ma vie. »
Ben est issu d’un arrière-plan chrétien depuis plusieurs générations. Son arrière-arrière-grand-père maternel était un alcoolique violent et a fait une rencontre personnelle avec Dieu lors d’un séminaire animé par le pasteur missionnaire anglais Douglas Scott. Il s’agissait d’un prédicateur du Réveil et évangéliste anglais qui a consacré l’essentiel de son ministère à la France (1900-1967). Suite à cette transformation radicale, toute la famille s’est convertie. Du côté paternel, Ben a des origines pieds-noirs. Son père a rencontré Dieu en Algérie dans les années 50. Un héritage spirituel qui l’a conduit à fréquenter les églises depuis sa naissance.
L’étape cruciale qui l’a amené à choisir personnellement de suivre Dieu s’est produite à ses 20 ans.
« J’avais 20 ans, c’était un mercredi après-midi. Je rentrais de l’université. Mon père était brûlé par les traitements de chimiothérapie pour traiter son cancer. J’étais complètement révolté contre Dieu, car je ne comprenais pas. Je rentre, il ne m’avait pas entendu. Je l’entends vomir et pleurer. Souffrir, tout simplement. À un moment donné, je l’entends pleurer, mais avec beaucoup plus de sérénité.
Je m’approche et je l’entends dire merci : “Jésus, merci, Jésus, merci, Jésus”. Il était en louange, apaisé, au milieu de l’horreur qu’il traversait. Cette image m’a complètement bouleversé. Il était physiquement à terre, mais spirituellement en paix, alors que moi, c’était complètement l’inverse. Je suis monté dans ma chambre. J’ai dit à Dieu : “Tu es réel. Ce n’est pas possible que mon père aille bien malgré sa situation.” Il y a vraiment eu un avant et un après suite à cette expérience. »
Concernant la santé mentale, Ben explique qu’elle ne se manifeste pas uniquement à travers des maladies graves comme la psychose ou la dépression, mais aussi à travers la colère.
La colère non maîtrisée est une forme de maladie mentale, tout comme la méchanceté, la dureté ou la vengeance.
« Prendre soin de sa santé mentale, c’est accepter d’être aidé. Nous voyons un médecin tous les ans pour faire un bilan, n’est-ce pas ? Eh bien, tu devrais faire pareil concernant ta santé mentale. Il s’agirait alors de faire une introspection pour déterminer si, ces derniers temps, tu as eu tendance à ruminer, à nourrir des pensées de vengeance, à ne plus réussir à rire ou à te réjouir… À partir de là, il faut se demander quelles étapes suivre : voir un psychologue ou des professionnels adaptés ? C’est encore très peu envisagé dans le milieu chrétien, mais c’est quelque chose de tout à fait normal et parfois indispensable. »
Les conseils de Ben Aguila :
- « Les meilleurs antidépresseurs sont le sport, écouter de la musique, la méditation de la Parole, être reconnaissant, et se faire accompagner par un professionnel s’il y a un enjeu. »
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Nicolas Lopez

