Un yoga libre et quotidien, à travers l’écran

Leila Dhaou-Hetzel enseigne le yoga traditionnel en ligne, entre Zoom et YouTube. Elle aide chacun·e à installer une pratique douce, régulière et en lien avec soi, même dans un quotidien bousculé.

« Le but, c’est d’ancrer le yoga dans ton quotidien », affirme Leila Dhaou-Hetzel. Après plusieurs années à donner des cours en présentiel en région parisienne, puis à Marseille, elle décide de basculer vers le numérique. Le constat est simple : les aléas du quotidien empêchent souvent les élèves de revenir régulièrement, les tarifs peuvent être un frein, et le regard des autres en salle n’aide pas toujours à se sentir à l’aise. Par ailleurs, elle propose aujourd’hui deux cours hebdomadaires de Hatha et de Vinyasa yoga en direct sur Zoom, en soirée. Le Hatha, plus lent et introspectif, invite à tenir les postures en pleine conscience, en se concentrant sur la respiration. Le Vinyasa, plus dynamique, enchaîne les mouvements au rythme du souffle. L’intérêt de ces formats est double : confort et autonomie.

« Si l’élève ne souhaite pas activer sa caméra, aucun souci. Je peux bien sûr corriger les postures pour éviter les blessures, mais mon objectif, c’est surtout de transmettre les outils pour que chacun puisse ressentir la posture de l’intérieur. »

Des formats à la carte, pour tous les rythmes

Pour s’adapter aux différents profils, Leila met aussi à disposition une série de vidéos sur YouTube. Des pratiques courtes, de 10 à 30 minutes, sur des thématiques variées. Par exemple, le courage, le renforcement musculaire ou encore la concentration. Elle y propose aussi des méditations guidées d’environ cinq minutes. « Le yoga demande de la régularité. Il vaut mieux prendre cinq à dix minutes chaque jour ou chaque semaine pour s’offrir cet espace à soi, même dans un emploi du temps chargé », rappelle-t-elle. En effet, ce format souple permet à chacun·e de s’approprier la pratique, sans pression de performance.

Une découverte intime, chez soi

C’est d’ailleurs ainsi que Leila a commencé : seule, dans sa chambre. Elle découvre le yoga avec sa mère, lors d’un séminaire sur le yoga égyptien, puis poursuit en autodidacte grâce aux vidéos de « Yoga with Adriene » sur YouTube. Ce qui la touche ? La simplicité du rapport au corps et à soi. « Je ne me sentais pas prête à aller dans une salle et faire des postures que je ne maîtrisais pas, dans des tenues moulantes, devant tout le monde. Avec Adriene, j’ai compris que le yoga n’avait pas besoin d’être parfait, beau ou sexy. C’est une pratique pour revenir ici et maintenant. » Aujourd’hui encore, elle revendique cette approche ancrée : « Quand je fais mes lacets sur une jambe, je travaille ma posture, je dois me concentrer. C’est du yoga. »

Une tradition vivante, même à travers l’écran

Leila a également suivi sa formation de professeure de yoga en ligne, auprès de l’école Siddhi Yoga, basée à Rishikesh, en Inde. Elle étudiait alors depuis les Yvelines, à la campagne. « Ce format m’a offert plus de liberté, plus d’espace. » Elle se plonge dans les textes traditionnels, apprend le sanskrit, explore les fondements culturels du yoga. Elle complète même cette formation par des lectures bouddhistes et des cours en ligne, comme des conférences TEDx ou des MOOC. « Ce que m’a apporté le yoga, c’est une spiritualité à travers le corps », dit-elle. Elle rejette toute opposition binaire entre numérique et physique, matériel et spirituel. Pour elle, « le yoga, c’est la réflexion à travers le corps, la douceur et la discipline à la fois ». Transmettre cette vision du yoga, sensible et bienveillante, est ce qui la motive. « Quand je termine une séance et que je vois les visages apaisés, silencieux, je me dis que la magie a opéré. »

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Monia Haddad

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