Les Collatéraux, exposition : « Il faut le croire pour le voir »

À l’occasion des Rencontres de la Photographie d’Arles 2026, la création contemporaine s’invite une nouvelle fois au cœur de la cité provençale. Du 6 au 16 juillet 2026, la galerie Les Collatéraux accueille « Il faut le croire pour le voir », une exposition imaginée par Cultish Studio, le studio créatif culturel de Publicis Luxe. Entre photographie contemporaine, installation, vidéo, architecture et art expérimental, cette proposition artistique invite le visiteur à s’interroger sur une question essentielle : que voyons-nous réellement ?

Chaque été, Arles devient l’une des capitales mondiales de la photographie. Si les Rencontres d’Arles attirent des milliers de visiteurs venus découvrir les plus grands photographes internationaux, le programme OFF offre également des propositions artistiques audacieuses qui enrichissent le paysage culturel de la ville. Cette année, « Il faut le croire pour le voir » s’impose comme l’une des expositions incontournables du OFF. Installée dans l’ancienne écurie du Baron de Chartrouse, aujourd’hui transformée en espace culturel baptisé Les Collatéraux, elle rassemble plusieurs figures majeures de la scène artistique internationale autour d’un thème universel : l’illusion.

À première vue, le titre intrigue. Pourtant, il résume parfaitement la philosophie de cette exposition. Depuis l’Antiquité jusqu’à l’intelligence artificielle contemporaine, l’image entretient une relation ambiguë avec le réel. Voyons-nous réellement ce qui existe ou seulement ce que notre cerveau choisit d’interpréter ? L’exposition ne cherche pas à opposer le vrai au faux. Elle démontre plutôt que l’illusion peut devenir un véritable outil de connaissance. Chaque œuvre perturbe nos certitudes, modifie notre regard et nous pousse à remettre en question ce que nous pensions évident. Ici, le doute n’est pas une faiblesse mais une invitation à observer avec davantage d’attention.

Des artistes internationaux au service de la création contemporaine

Pour illustrer cette réflexion, plusieurs artistes internationaux présentent des œuvres fortes. La Japonaise Mari Katayama dévoile pour la première fois en France Tree of Life. À travers des autoportraits mis en scène dans des décors qu’elle construit elle-même, elle transforme son propre corps en paysage poétique où se croisent identité, mémoire, réseaux et nature. Son travail brouille les frontières entre le réel et son reflet, entre l’intime et l’universel.

Le photographe américain James Casebere, quant à lui, poursuit depuis plus de quarante ans une démarche singulière. Ses photographies semblent représenter des bâtiments existants alors qu’il construit minutieusement des maquettes dans son atelier avant de les photographier. Son dialogue avec l’architecture de Luis Barragán plonge le visiteur dans un univers silencieux où la lumière devient matière.

Autre proposition fascinante : David De Beyter explore les récits d’OVNI à travers The Skeptics. Photographies, archives et documents scientifiques se mélangent jusqu’à rendre impossible toute distinction entre enquête documentaire et croyance collective. Une réflexion particulièrement actuelle à l’heure où les images circulent sans filtre sur les réseaux sociaux.

Quand la photographie devient un trompe-l’œil

Le duo suisse Taiyo Onorato & Nico Krebs joue également avec notre perception. Dans leur série Blockbuster, un simple changement d’angle transforme un homme perché sur une échelle en géant capable de remodeler des immeubles. Aucune retouche numérique n’intervient. Tout repose sur le cadrage, la perspective et notre tendance naturelle à croire ce que nous voyons. Une démonstration brillante de la puissance de l’image photographique.

Une mémoire politique et humaine

L’exposition ne se limite pas aux illusions optiques. Le Colombien Miguel Ángel Rojas présente notamment Faenza, une série réalisée clandestinement dans les cinémas de Bogotá durant les années où l’homosexualité restait criminalisée. Photographiées dans une pénombre presque totale, ces images évoquent autant la mémoire que la liberté et la visibilité des minorités.

Les artistes ukrainiens Yarema Malashchuk et Roman Khimei proposent quant à eux The Wanderer, une installation bouleversante née quelques semaines après le début de l’invasion de l’Ukraine. Leur œuvre détourne les codes de la peinture romantique afin de dénoncer les mécanismes de la propagande et les images qui banalisent la guerre.

L’art comme expérience sensible

Au-delà de la photographie, l’exposition ouvre également un dialogue avec le cinéma expérimental. Le Canadien Norman McLaren, figure incontournable de l’animation, est présent avec Begone Dull Care, un film directement peint sur pellicule où couleurs, musique jazz et mouvements deviennent un langage à part entière. Une œuvre historique qui rappelle combien l’émotion naît parfois simplement d’un jeu de lumière. Enfin, l’artiste croate Tomislav Topic réalise une installation monumentale spécialement conçue pour la Place Joseph Patrat, prolongeant l’expérience artistique dans l’espace public.

À l’heure où les intelligences artificielles génèrent des images toujours plus réalistes et où les réseaux sociaux brouillent les frontières entre réalité et représentation, « Il faut le croire pour le voir » résonne avec une étonnante actualité. Cette exposition ne cherche pas à apporter des réponses définitives. Elle invite plutôt chacun à ralentir, à observer, à accepter que le regard soit toujours une interprétation du monde. En cela, elle dépasse largement le simple cadre de la photographie contemporaine pour devenir une réflexion philosophique sur notre manière d’habiter le réel.

Informations pratiques

Exposition : Il faut le croire pour le voir
Dates : du 6 au 16 juillet 2026
Lieu : Les Collatéraux – 7 bis, place Joseph Patrat, 13200 Arles
Horaires : tous les jours de 10 h à 19 h
Entrée : gratuite.

Découvrez notre agence de communication.

Nicolas Lopez.

Recommended Articles

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Ichtus Magazine

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture