Professeure de Pilates, ancienne danseuse classique, entrepreneuse et maman, Laure Romera accompagne chaque semaine des centaines de personnes dans leur pratique sportive. À travers son approche du mouvement, elle défend une vision du bien-être loin des injonctions à la perfection. L’idée ? Prendre soin de son corps avec plaisir. Rencontre avec une femme qui assume ses exigences, ses doutes et son besoin de lâcher prise.
Dans l’univers du Pilates et du bien-être, les images de corps parfaitement dessinés, de tenues impeccables et de mouvements maîtrisés peuvent parfois donner l’impression d’un monde inaccessible. Pourtant, derrière les studios élégants et les postures parfaitement exécutées, il y a avant tout des femmes et des hommes avec leurs doutes, leurs habitudes, leurs excès et leurs imperfections. C’est justement cette dimension humaine qui intéresse notre interlocutrice. À la tête de deux studios, Laure transmet une pratique du Pilates nourrie par son parcours de danseuse classique, mais aussi par son entourage professionnel, notamment une associée kinésithérapeute. Son objectif est de proposer une expérience sportive exigeante, mais jamais culpabilisante.
De la danse classique au Pilates
À l’origine, son parcours est profondément marqué par le mouvement. Elle pratique la danse classique pendant de nombreuses années avant de se tourner vers l’enseignement du sport et du Pilates. Avec deux associées, dont une kinésithérapeute et une professionnelle de la communication, elle crée son premier studio en juin 2024. Quelques mois plus tard, un second espace vient compléter cette aventure entrepreneuriale. Son approche repose alors sur plusieurs influences. La précision du geste héritée de la danse rencontre les connaissances liées au corps et au mouvement, avec l’envie d’y ajouter une touche plus personnelle.
« J’adore la perfection du mouvement », explique-t-elle. Une exigence qui fait partie intégrante de sa personnalité et de sa manière d’enseigner. Pour autant, cette recherche de précision ne signifie pas rechercher la perfection à tout prix. Au contraire. Car dans ses studios, elle souhaite casser les codes parfois associés au Pilates. Les codes d’une pratique exclusivement féminine, réservée aux personnes déjà sportives ou à celles qui correspondent à une certaine image du corps. Tout le monde est bienvenu, quel que soit son âge, sa condition physique ou sa tenue.




Le corps comme outil de travail… mais aussi comme compagnon de vie
Lorsque l’on fait du sport son métier, le rapport au corps devient forcément particulier. Pour elle, cette relation s’est construite progressivement. La danse lui a appris très tôt à observer son corps, à le travailler et à en connaître les possibilités. Pourtant, c’est véritablement avec l’âge que cette conscience corporelle s’est renforcée. Elle reconnaît d’ailleurs être encore aujourd’hui exigeante envers son corps. Mais cette exigence évolue. Avec le temps, elle apprend aussi à accepter certaines transformations et certaines réactions physiques. Cette notion d’acceptation devient même centrale.
Lorsqu’elle fait des excès, Laure sait qu’elle peut les assumer parce qu’elle connaît les habitudes qui font du bien à son organisme au quotidien. Elle pratique régulièrement une activité physique, veille à son alimentation et entretient son corps grâce à son métier. Mais elle aime aussi sortir, faire la fête, manger ce qui lui fait plaisir et boire un verre avec ses proches.
« La nourriture est un exutoire », reconnaît-elle avec un sourire. Et c’est précisément cette contradiction qui la rend intéressante. En réalité, Laure ne cherche pas à incarner l’image d’une professeure de Pilates parfaite, vivant exclusivement de salades et de séances de sport. Elle revendique au contraire une certaine liberté.
Le Pilates sans complexe
Dans l’imaginaire collectif, une professeure de Pilates peut facilement être associée à une discipline très esthétique, presque parfaite. Une image qui peut parfois créer une distance avec les personnes qui n’osent pas franchir la porte d’un studio. La professeure aimerait justement contribuer à déconstruire cette perception. Car derrière la maîtrise du mouvement, il y a une femme qui reconnaît ses propres excès, ses doutes et ses imperfections. Elle sait aussi que certains clients peuvent imaginer qu’elle est toujours heureuse, toujours énergique et toujours parfaitement disciplinée.
La réalité est évidemment plus nuancée. Elle est plutôt positive de nature, mais elle a également son caractère, ses moments de doute et ses périodes où elle a besoin de lâcher prise. Cette volonté de rester naturelle se retrouve d’ailleurs dans l’ambiance qu’elle souhaite créer au studio. Même si les lieux sont travaillés et peuvent, au premier regard, impressionner, l’objectif est de créer un espace dans lequel chacun peut trouver sa place.Le Pilates n’est pas réservé à une catégorie de personnes. Il peut devenir une porte d’entrée vers une relation différente avec son corps.
Devenir maman et apprendre à lâcher prise
La maternité vient également modifier son rapport au temps, au corps et au lâcher-prise. Elle reconnaît ne pas avoir toujours été très douée pour relâcher la pression. Lorsqu’on est entrepreneuse, professeure de sport et que l’on aime travailler, il est facile de rester dans une dynamique permanente d’action. Devenir maman lui permet pourtant de regarder les choses différemment. Elle découvre que lâcher prise ne signifie pas nécessairement ne rien faire. Cela peut aussi vouloir dire consacrer du temps à quelqu’un d’autre, sortir du travail, être présente et simplement profiter d’un moment avec son enfant. La famille devient ainsi une manière de s’autoriser à ralentir. Peut-être même de comprendre que le repos et le plaisir ne sont pas des récompenses que l’on doit mériter après avoir suffisamment travaillé.
Lorsqu’on lui demande si la danse ou le Pilates lui ont permis de dépasser certaines insécurités, sa réponse est étonnamment nuancée. Elle ne considère pas forcément que le sport lui a directement donné davantage confiance en elle. Selon elle, ce sont davantage l’âge, l’expérience et les années d’entrepreneuriat qui lui ont permis de construire cette confiance. Pourtant, les doutes restent présents. Même lorsque l’on possède deux studios et que l’on vit de son activité, le regard des autres peut continuer à peser. La peur de ne pas plaire, de faire quelque chose qui ne fonctionne pas ou de ne pas être suffisamment légitime peut encore apparaître.
Ce paradoxe est révélateur car la réussite extérieure ne fait pas forcément disparaître les insécurités intérieures. Elle aimerait parfois avoir davantage confiance en elle, oser davantage et aller plus loin dans ses projets. Une réflexion qui rejoint finalement l’expérience de nombreux entrepreneurs. En effet, on peut avoir construit quelque chose de solide et continuer malgré tout à douter.
Prendre soin de son corps sans entrer dans une nouvelle course à la performance
Notre époque encourage à être plus performant, plus jeune, plus beau, plus sportif et plus longtemps en bonne santé. Alors, prendre soin de son corps est-il devenu une nouvelle injonction ? Pour Laure, la réponse est plus subtile. Oui, il existe une forme de course. Mais cette course peut aussi être positive lorsqu’elle permet de mieux vieillir, de rester en bonne santé et de conserver son autonomie le plus longtemps possible. Le problème apparaît lorsque le bien-être devient une nouvelle manière de se comparer.
Le sport ne devrait pas nécessairement servir à correspondre à une image. Il peut simplement permettre de se sentir bien. C’est d’ailleurs cette philosophie qu’elle cherche à transmettre dans ses studios. Le mouvement doit rester associé au plaisir. Pourquoi ? Parce qu’une pratique sportive vécue comme une contrainte devient difficile à maintenir dans le temps. À l’inverse, lorsque l’on prend plaisir à bouger, à écouter de la musique, à retrouver un groupe et à partager un moment, le sport peut devenir un véritable rituel.
Faire du sport avec plaisir
La musique occupe une place importante dans son approche. Elle aime l’idée de transformer certains cours en véritable expérience collective, presque comme un spectacle. Le mouvement devient alors plus qu’un exercice physique, car il devient une expérience sensorielle et sociale. Pour Laure, c’est aussi ce qui permet de rendre la pratique sportive plus accessible.
« Il faut que les gens prennent conscience que tout ça est pour leur bien, mais qu’il y a des manières de le faire en prenant du plaisir. »
Cette philosophie se retrouve dans le déroulement même des cours. Chaque séance commence par un accueil et un échange avec les participants. Les nouveaux sont identifiés, leurs éventuelles difficultés sont prises en compte, puis vient l’échauffement avant d’entrer progressivement dans le cours. La séance se termine par un temps de retour au calme, quelques instants de relaxation et, surtout, la satisfaction d’avoir bougé. Parce que le bien-être ne s’arrête pas nécessairement lorsque la séance se termine.
Une spiritualité philosophique et artistique
Lorsqu’on lui demande ce que représente la spiritualité, sa réponse s’éloigne des définitions religieuses. La jeune femme parle plutôt d’une spiritualité philosophique et artistique. Elle ne revendique pas de croyance particulière, mais affirme croire profondément en l’être humain et en sa capacité à faire le bien. Sa philosophie repose également sur l’idée que les épreuves peuvent participer à notre construction. Les difficultés ne sont pas nécessairement des accidents dépourvus de sens. Elles peuvent devenir des étapes, des expériences qui nous transforment et nous permettent d’avancer.
« Rien n’arrive sans raison », résume-t-elle. Cette vision rejoint finalement sa conception du bien-être. Puisque nous ne savons pas combien de temps nous avons sur cette terre, autant apprendre à en profiter pleinement. Prendre soin de son corps participe aussi à cette volonté de vivre pleinement.
Les personnes et adresses qui l’inspirent le plus
Parmi les personnalités qui l’inspirent, un nom revient immédiatement : Céline Dion. Pas uniquement pour la performance artistique ou vocale. Ce qui la fascine davantage, c’est la relation que la chanteuse entretient avec son public. Cette capacité à donner, à créer un moment collectif et à faire vivre une expérience à ceux qui sont présents fait écho à sa propre manière d’envisager ses cours. Elle ne se compare évidemment pas à une artiste internationale. Pourtant, elle retrouve dans l’expérience d’un cours de Pilates une forme de performance. Il faut transmettre de l’énergie, créer une atmosphère, faire vivre un moment et donner envie aux participants de revenir. Le cours devient alors un rendez-vous, presque un rituel.
Elle cite également des personnalités qui l’inspirent dans le monde du sport et de la création, notamment un ancien athlète de tennis installé à New York, dont les cours mêlent sport, musique et chorégraphie. Elle apprécie aussi le travail de créatrices marseillaises qu’elle admire pour leur capacité à rester fidèles à leurs idées. Car s’inspirer des autres peut rapidement devenir une source d’anxiété lorsqu’on commence à se comparer. Elle préfère donc regarder ce qui existe, apprendre, observer, puis revenir à sa propre intuition.
« Personne n’a rien inventé », rappelle-t-elle.
L’important n’est donc pas forcément de créer quelque chose qui n’a jamais existé, mais de trouver sa manière personnelle de le faire. C’est probablement ce qui résume le mieux sa philosophie. Prendre soin de son corps sans en devenir prisonnier. Chercher la précision sans rechercher la perfection. Travailler sérieusement sans oublier de faire la fête. Entreprendre sans prétendre ne jamais douter. Et surtout, transmettre sans jamais perdre le plaisir. Dans un univers du sport et du bien-être parfois dominé par l’image, elle défend finalement quelque chose de beaucoup plus simple : bouger pour vivre mieux, mais surtout bouger avec plaisir.
Tonic Pilates VAUBAN 203 Rue Breteuil – Le Coronet – 5ème étage, 13006 Marseille
Tonic Pilates BORELY 5A Avenue de Hambourg – 1er étage, 13008 Marseille
Contact@tonic-pilates.com
Découvrez notre agence de communication.
Nicolas Lopez.

