Sur les réseaux sociaux, elle se fait appeler Vénus Was There. Depuis 2023, cette créatrice de contenu partage sa vision de la vie, des relations et de la société à travers un prisme singulier. En effet, c’est par l’angle de l’astrologie et du human design, tout en ayant une réflexion plus large sur la spiritualité, qu’elle observe le monde. Pour Ichtus Magazine, elle revient sur son parcours et son rapport à la féminité. Elle fait aussi un focus sur sa manière d’accompagner celles et ceux qui cherchent à mieux se comprendre.
En introduction, Vénus explique qu’elle préfère garder son prénom pour elle. Comme beaucoup de créateurs sur les réseaux, elle a en effet choisi de se protéger derrière un pseudonyme. Ce choix n’est cependant pas anodin. Le nom Vénus renvoie immédiatement à l’amour, à la beauté et au féminin, des thèmes centraux en astrologie comme dans la mythologie grecque. Pourtant, à l’origine, ce pseudo n’avait rien de symbolique. Adolescente, en pleine rébellion et traversée par une période de doutes complotistes, elle tombe alors sur les écrits de David Icke. Un auteur controversé évoquant une théorie selon laquelle Vénus aurait bouleversé le système solaire avant de se stabiliser sur son orbite actuelle. Séduite par cette image d’une planète qui « arrive et casse tout », elle choisit ce pseudonyme sans réellement en mesurer la portée.
Ainsi, au fil du temps, alors qu’elle commence à créer du contenu autour de l’astrologie, elle découvre que son thème astral est justement gouverné par Vénus. Ce qui n’était au départ qu’un choix impulsif devient alors, selon ses propres mots, une sorte de prophétie qui s’est réalisée d’elle-même, sans qu’elle en ait eu conscience.




Photo voile noir © Edith Castille
Des études d’art à la création de contenu : un parcours autodidacte
Après le lycée, Vénus intègre une école d’art privée à Nantes, loin de sa famille. Ce choix, en partie suggéré par son père, répond avant tout à un besoin de prendre ses distances. Elle y reste un an et demi, avant de connaître un épuisement professionnel et d’arrêter cette formation, alors même qu’elle porte un emprunt étudiant conséquent. De cette expérience, elle retient malgré tout un enseignement essentiel. En effet, elle comprend que rester derrière un écran, dans les coulisses de la création, ne lui correspond pas. Elle se sent au contraire appelée à se mettre en avant. Par la suite, elle se forme au fil de ses recherches et de son exploration personnelle de l’astrologie et du développement de soi.
Le rapport de Vénus à sa propre féminité occupe une place centrale dans son contenu.
Selon elle, cette exploration a véritablement démarré à la suite d’une relation amoureuse difficile, vécue en 2017. Cette relation, qu’elle décrit comme profondément dysfonctionnelle, la confronte à ses parts d’ombre. Elle comprend ainsi tout ce qui lui manquait pour se sentir pleinement elle-même. Ce travail intérieur la conduit à interroger son histoire familiale, notamment son rapport à son père, dont le regard ne l’invitait pas à accepter son féminin. Pendant longtemps, elle développe alors une forme d’armure, un fonctionnement plus masculin, pour se protéger. Puis vient un second temps, celui de la reconstruction. Après avoir traversé cette phase de purge émotionnelle, elle entreprend de redéfinir sa propre version de la féminité, indépendamment des attentes transmises par son entourage ou par la société.
Elle nomme d’ailleurs cette période sa « renaissance vénusienne ». Un terme qu’elle relie, une fois encore, à la symbolique de sa Vénus astrale, positionnée en Lion dans son thème. On parle donc ici d’une énergie flamboyante et affirmée, à l’opposé de la discrétion qu’on avait tenté de lui inculquer.
L’astrologie et le human design, deux outils complémentaires
Interrogée sur ce qui l’a attirée vers l’astrologie, Vénus évoque une curiosité ancienne, nourrie dès l’adolescence par les horoscopes populaires, même si ces derniers ne la convainc pas. Elle approfondie ensuite progressivement grâce à Internet. Elle découvre ainsi le concept de thème astral complet, bien plus riche qu’une simple lecture par signe solaire. Le human design, de son côté, arrive plus tardivement dans son parcours. Elle avoue avoir d’abord été rebutée par son vocabulaire technique (générateur, projecteur, manifesteur, autorité…) qu’elle juge alors trop théorique. Un détail retient malgré tout son attention, car elle apprend qu’elle est « générateur ». Il s’agit d’un type censé répondre à la vie plutôt que l’initier. Cette information résonne avec une frustration qu’elle ressent depuis longtemps. Celle de voir ses projets échouer chaque fois qu’elle tente de les initier elle-même.
Des années plus tard, elle revient donc vers cette discipline, convaincue que la clé de son fonctionnement s’y trouve. Pour elle, l’astrologie et le human design ne sont pas concurrents, mais complémentaires. Elle emprunte à ce sujet une image qu’elle a lue sur les réseaux. En fait, l’astrologie serait une carte, tandis que le human design ferait office de boussole. La première permet de comprendre qui l’on est. Ainsi, la seconde, aide à naviguer concrètement au quotidien, dans les relations, la vie professionnelle ou les prises de décision.
Une définition personnelle et nuancée de l’astrologie
Loin des clichés associant systématiquement l’astrologie aux horoscopes et aux prédictions, Vénus en propose une lecture plus philosophique. Elle la définit volontiers comme un dialogue avec le cosmos. Croyante en la réincarnation, elle envisage l’astrologie comme une carte préparée par l’âme avant l’incarnation. Tel un mémo crypté permettant de se reconnecter à une intention profonde, oubliée à la naissance.
Par ailleurs, elle revendique une approche presque scientifique de la discipline, en s’appuyant sur sa dimension mathématique et géométrique. Car, finalement, les calculs de degrés et de positions planétaires reposent en effet sur une précision certaine. Même si le langage utilisé pour les interpréter reste éminemment symbolique et philosophique. Vénus croit que l’astrologie se situe donc à la croisée de plusieurs champs. Ce dernier intègre la science, la philosophie et une forme de connexion intuitive au divin. Elle insiste également sur une limite qu’elle s’impose. Vénus se refuse à consulter des prédictions trop précises sur son propre avenir. Elle préfère vivre les événements puis, après coup seulement, les relire à la lumière de son thème astral.
L’intuition, boussole intérieure avant toute grille de lecture
Une question revient naturellement dans l’échange. Quelle place reste-t-il pour l’intuition, si l’astrologie et le human design semblent déjà indiquer une voie à suivre ? Pour Vénus, ces outils ne remplacent jamais l’intuition. En réalité, ils lui donnent simplement un langage. L’astrologie, explique-t-elle, met des mots clairs sur ce que l’intuition perçoit confusément. De plus, elle observe que ces disciplines connaissent un engouement croissant précisément parce que notre société a coupé beaucoup de personnes de leur instinct naturel. Le human design, en particulier, apprend à suivre cette autorité intérieure plutôt qu’à écouter uniquement les avis extérieurs.
Vénus se montre par ailleurs vigilante sur un risque bien réel. Celui de voir une personne découvrir son thème astral ou son type en human design. L’idée est de ne pas chercher à s’y conformer de manière rigide, mais plutôt à l’expérimenter réellement. Elle pense que ce risque diminue dès lors que ces outils sont utilisés comme des réponses à des blocages déjà ressentis, et non comme des injonctions extérieures à suivre à la lettre. Concrètement, lors de ses séances individuelles, elle explique donc partir des difficultés exprimées par la personne, avant d’éclairer ces situations à la lumière du thème. L’objectif n’est jamais de conditionner quelqu’un à un modèle, mais de l’aider à réajuster son fonctionnement à travers l’expérimentation concrète, seule voie, selon elle, pour véritablement intégrer ces connaissances.
Une vision de la spiritualité fondée sur la prise de hauteur
Interrogée sur sa définition personnelle de la spiritualité, Vénus propose une réponse à la fois simple et englobante. Elle relie le mot à son étymologie même, l’esprit et le souffle, pour évoquer une capacité à prendre de la hauteur sur sa propre existence. L’idée ? Sortir de l’ego et des conditions immédiates de la vie. Pour elle, la spiritualité se résume avant tout à une connexion profonde avec soi-même et avec une forme de source ou de divin, quel que soit le nom qu’on lui donne. Elle refuse d’ailleurs de hiérarchiser les pratiques. Certaines personnes suivent des rituels précis et quotidiens, d’autres vivent une spiritualité plus diffuse, sans même la nommer comme telle.
Selon elle, au-delà des formes, l’essentiel reste la même recherche. C’est-à-dire se relier à soi, au divin, et prendre du recul face à la lourdeur de l’expérience humaine. Concernant sa propre pratique, elle confie ne plus prier de manière régulière ou ritualisée, comme cela pouvait être le cas par le passé. Elle décrit aujourd’hui une forme de prière plus incarnée, vécue dans la pleine présence à l’instant, dans la gratitude exprimée au fil du quotidien plutôt que dans un exercice formel.
Des lieux et des inspirations qui nourrissent sa vision
Au-delà de ses réflexions sur l’astrologie et la spiritualité, Vénus partage également quelques lieux qui l’inspirent particulièrement. Elle cite en premier lieu les îles Canaries, où la présence combinée de l’eau, du feu, de l’air et de la terre lui procure un sentiment profond de purification. La forêt occupe également une place importante dans son quotidien, comme espace de ressourcement.
Elle évoque aussi un séjour marquant à Barcelone, ville dont l’énergie l’a surprise agréablement, entre richesse historique, architecture singulière et douceur de vie, à mille lieues, dit-elle, de l’atmosphère plus anxiogène qu’elle associe à Paris. Côté adresses, elle recommande l’hôtel lyonnais Bayard Bellecour au décor rococo assumé, pour une expérience qu’elle qualifie de romantique et hors du commun.
- SADE pour sa sensualité, son originalité et son « amour de l’amour » assumé
- Carl Jung pour son approche de l’inconscient et toutes les connaissances précieuses qu’il nous a légué
- Hayao Miyazaki qui a bercé ma jeunesse avec ses mondes oniriques et son parti pris pour l’environnement
Vénus se dit également très inspirée par des personnalités d’Internet, notamment féminines, qui cultivent selon elle une énergie individuelle forte, innovante et optimiste. Elle cite à ce titre les comptes @maleighzan, @yaknowme_hitomi ou encore @maryisalien. Mais c’est surtout son entourage, de près comme de loin, qui la nourrit au quotidien. Des personnes qui suivent selon elle la volonté de leur âme, expriment leur authenticité. Elles partagent leurs talents et œuvrent, chacune à son échelle, pour un monde meilleur. Parmi elles, elle mentionne notamment @ninou.vlog, @wutangu, @tiguiastro, @astroness, @rox.carmen, @zooner, @biglneverlose ou encore @gayagranges, tout en précisant que la liste pourrait s’allonger encore bien au-delà.
Un message central : apprendre à s’aimer sans culpabiliser
Pour conclure l’échange, Vénus tient à insister sur un point qui lui tient particulièrement à cœur en ce moment. Elle rappelle l’importance d’apprendre à s’aimer pleinement, sans que cela soit perçu comme une forme de narcissisme. Selon elle, cette étape constitue une fondation essentielle avant toute autre démarche de développement personnel.
En définitive, le parcours de Vénus illustre une trajectoire de plus en plus commune chez une génération en quête de repères. Celle d’une reconnexion à soi-même à travers des outils symboliques comme l’astrologie et le human design. Le but n’est pas de les utiliser comme des vérités figées, mais comme des supports pour mieux écouter sa propre intuition. Une invitation, en somme, à transformer l’existence en une expérience à explorer pleinement, plutôt qu’une condition à subir.
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Nicolas Lopez.

