Les petites îles ont déjà une partie des réponses aux défis environnementaux de demain. C’est le point de départ de « Les îles du futur », un nouveau projet lancé par SMILO – Small Islands Organisation. L’idée ? Faire circuler les solutions expérimentées sur les petites îles de Méditerranée française. L’objectif n’est pas de laisser chaque territoire chercher seul des réponses à ses problématiques, mais plutôt de partager les expériences qui fonctionnent déjà.
Sur une île, les enjeux prennent rapidement une dimension très concrète. L’eau, l’énergie, les déchets, la biodiversité ou encore la pression touristique. Ces derniers doivent être gérés avec un espace et des ressources limités. Cette contrainte peut pourtant devenir une force. Une initiative développée sur quelques kilomètres carrés peut être rapidement testée, ajustée puis transposée ailleurs. C’est précisément cette logique que SMILO souhaite aujourd’hui amplifier.




© Antoine Boudin / © Analogue production
Faire voyager les solutions d’une île à l’autre
L’association marseillaise connaît déjà les possibilités offertes par cette coopération. Par exemple, à Porquerolles, elle travaille notamment avec le designer Antoine Boudin autour de la valorisation des chutes de canne de Provence. Celles-ci sont transformées en pailles, couverts et cuillères à glace réutilisables afin de proposer une alternative au plastique à usage unique. L’expérimentation a ensuite été emmenée au Frioul, à Marseille, pour être testée auprès des commerçants et adaptée à un autre contexte insulaire.
Avec Les îles du futur, SMILO veut aller plus loin. Dès 2027, l’association souhaite réunir entre six et dix îles, parmi lesquelles le Frioul, Porquerolles, Le Levant, le Grand Rouveau, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat. Le programme prévoit également de réunir plus de 150 acteurs insulaires, d’identifier et documenter entre 10 et 15 initiatives, puis d’organiser plusieurs rencontres et visites inter-îles. L’idée est finalement très concrète. En réalité, lorsqu’une île rencontre un problème, elle ne devrait pas forcément repartir de zéro si une autre a déjà expérimenté une solution.
Construire les territoires résilients de demain
Cette ambition intervient alors que la question des territoires insulaires prend une place nouvelle dans les politiques publiques. En juin 2026, la Commission européenne présente sa première stratégie dédiée aux îles de l’Union européenne, concernant plus de 4 000 îles habitées et environ 17 millions de personnes. En France également, plusieurs initiatives récentes cherchent à mieux prendre en compte les spécificités de ces territoires.
Dans ce contexte, Les îles du futur cherche moins à inventer de nouvelles solutions qu’à faire circuler celles qui existent déjà. Rencontres annuelles, échanges thématiques, visites inter-îles et rencontres entre pairs doivent progressivement former une véritable communauté de coopération. À terme, SMILO envisage également des résidences multidisciplinaires consacrées à l’adaptation au changement climatique.
Pour lancer cette première année d’action, l’association cherche à réunir 45 000 euros. Cette somme doit permettre d’identifier les initiatives, créer les connexions, organiser les rencontres, documenter les expériences et accompagner les premières solutions transférées d’une île à l’autre. Basée à Marseille, SMILO accompagne depuis dix ans les petites îles de moins de 150 km² vers une gestion plus durable de leurs ressources. Son réseau rassemble aujourd’hui 58 îles dans 25 pays.
Avec Les îles du futur, l’association défend ainsi l’idée que les territoires insulaires n’ont pas seulement besoin de nouvelles réponses. Ils ont aussi besoin de mieux faire circuler celles qu’ils ont déjà inventées. Parce que l’innovation environnementale peut parfois commencer par une conversation entre deux îles.
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Nicolas Lopez.

